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NYMPHOMANIE APRÈS LE MARIAGE

tuelle les conduisit à se marier. Cette union fut heureuse pendant près de trois ans; toute trace du passé semblait effacée, lorsque Sophie se fit de nouveau remarquer par une lésion profonde de ses sentiments affectifs : on la vit de nouveau quitter son domicile, parcourir le pays, reprendre ses premières habitudes, céder à ses premiers entraînements. Un jour, elle rencontre un jeune homme auquel elle n'adresse pas la parole; elle lui écrit plus tard pour lui exprimer le regret de ne pas s'être rencontrée avec lui pendant la nuit. Ses enfants, qu'elle avait vivement désirés sur l'assurance que l'allaitement serait une source de nouvelles jouissances, considérés par elle comme une entrave à la satisfaction de son instinct, sont de sa part l'objet des plus mauvais traitements qui compromettent leur existence; elle vend diverses pièces de son mobilier pour satisfaire ses goûts de voyage, et c'est après plusieurs mois de ce vagabondage d'un nouveau genre, qu'on se décide à l'isoler. Ces faits embrassent une période de plus de six ans.

OBSERVATION VII1. — Nymphomanie se déclarant seulement après le mariage. — Éducation bonne. — Parenté pathologique.

Madame de X... appartient à une famille très considérable par sa fortune, par son rang et par les dignités dont elle est revêtue. Sa mère, malgré son opulence, s'est appliquée à lui donner des principes sévères et des habitudes modestes. L'une et l'autre passaient une grande partie de l'année à la campagne où cette jeune personne montra le caractère le plus facile et les goûts les plus paisibles. Elle aimait à élever des oiseaux dans une volière et à soigner sa collection de papillons. On ne lui connut pas d'autres plaisirs jusqu'à vingt-deux ans, époque de son mariage. Mais alors, aussitôt qu'elle eut des rapports sexuels, il se développa en elle.

t. Trélat, Folie lucide.

GOO FUREUR UTÉRIN E.

des appétits libidineux insatiables, qui ne trouvèrent que trop d'occasions de se produire. Il en résulta grand scandait1, et la jeune femme qui habitait une ville capitale depuis son mariage, fut reconduite à la campague où elle avait eu des goûts si simples; mais elle ne les y trouvaplus. Elle parvint, dans la solitude qu'on lui avait faite, à continuer plus tristement encore la vie de désordre où elle venait de se jeter. Cette femme élégante, pleine de jeunesse et d'éclat, pervertissait tout ce qui l'entourait : fermiers, domestiques, garçons de ferme, porchers et palefreniers, peu lui importait, pourvu qu'elle put, chaque jour et presque à chaque heure, non satisfaire, mais apaiser ses indomptables ardeurs. Gela dura longtemps, car le mari et toute la famille, quand ils surent ce qui se passait, en sentirent un si insurmontable dégoût, qu'ils s'éloignèrent avec découragement, sans oser rien espérer ni rien entreprendre. On sut plus tard que dans le moment même où madame deX. .. s'abandonnait ainsi à tous ceux qui l'entouraient, elle se livrait avec la même fureur aux excès de l'onanisme. Cette personne, à l'âge de trente-six ans à peine, en paraissait cinquante. Elle était devenue prématurément chauve et en considérant ses yeux largement ouverts et sans expression, ce front sillonné par la débauche, et cette tête et ce cœur vides, on se sentait pris d'un éloiguement invincible et comme d'une sorte de honte. (Une tante mélancolique et un frère dissipateur.)

OBSERVATION VIII1. — Folio iiymphomaniaquc.

J'ai vu aujourd'hui, 23 germinal an II, dit Buisson (Bibl .

méd., t. XL, p. 289), deux nymphomanes à la Salpètrière.

L'une, qui peut avoir trente ans, menait avant sa maladie,

1. Citée par Marc, Folie considérée dans ses rapports avec les questions médico-judiciaires, Paris 1840, tome II, p. 211.

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