‹ Les hysteriquesChapitre 25 sur 265 · G. — CLIMAT · texte numérisé non relu

G. — CLIMAT

Il serait intéressant de pouvoir déterminer avec précision l'influence qu'exercent les différents climats sur la prédisposition à l'hystérie, et de rechercher d'une part si la maladie se développe avec une égale fréquence sous les différentes latitudes, et si, d'autre part, elle revêt partout les mêmes modalités cliniques. Nous ne possédons malheureusement sur ce point que des renseignements incomplets et peu précis. On a confondu sous la dénomination autrefois un peu vague d'hystérie, plusieurs états nerveux, l'hypochondrie par exemple, qui n'ont que de lointains rapports avec la névrose qui nous occupe, et il y aurait à coup sûr sur ce sujet une étude utile à reprendre. Quoi qu'il en soit, il résulte des quelques faits recueillis par divers observateurs que l'hystérie s'observe sous les climats les plus variés.

Il s'en faudrait qu'elle soit rare, comme on l'avait soutenu, dans les pays froids. Ce serait même, au dire

16 CAUSES PRÉDISPOSANTES.

de Briquet, surtout parmi les peuplades des pôles, rabougries par l'excès de la froidure, parmi les lakutes, Les Koriaques aomades, les Inkogres, les Samoièdes et les Lapons, qu'on observerait le plus fréquemment les affections spasmodiques. Les Esquimaux et lesGroënlandais y seraient fort exposes; en Irlande, d'après Schleisner, cité par Briquet, l'hystérie atteindrait les sept centièmes de la population. Il semble y avoir là, disons-le en passant, une évidente exagération. En Russie, dans la haute société surtout; dans la Pologne septentrionale, à Stockolin, d'après Magnus; en Suisse, dans le Valais, aux environs du mont-Blanc, d'après H. Lebert, la névrose serait assez commune. En Italie,. l'hystérie est fréquente; on l'observerait aussi couramment en Turquie. Nous tenons d'autre part d'un médecin delà Basse-Asie, qu'on la voit dans l'Uindoustan, avec des caractères analogues à ceux qu'elle revêt chez nous.

Il s'en faut donc que l'hystérie, comme on a osé le dire, soit une maladie presque exclusivement française, el -urtout parisienne. .Mais il serait très instructif de décrire, avec le même soin qu'on y a mis chez nous, l'hystérie à l'étranger, afin de pouvoir non seulement préciser sa fréquence suivant le pays, mais fixer les caractères symptomatiques par lesquels elle se traduit.

Voici en quels termes Briquet formulait dans son livre ses conclusions au sujet des causes prédisposantes :

1" L'impressionnabilité augmentée de l'élément af-

RÉSUMÉ. i:

fectif du système nerveux constitue le fond de la prédisposition à l'hystérie.

2° L'hystérie est presque spéciale au sexe féminin, parce que, chez lui, il existe une prédominance de cet élément affectif.

3° Néanmoins l'hystérie peut exister chez l'homme, mais à la condition qu'il aura chez lui la même prédominance.

4° On ne trouve pas dans l'appareil génital de la l'emmêla raison de cette spécialité, on la trouve dans le mode de sensibilité propre aux femmes.

5° L'hystérie est manifestement héréditaire: le quart des filles qui naissent d'une mère hystérique est atteint de son hystérie.

6° Il existe dès l'enfance un état spécial de susceptibilité, qui est particulier aux sujets destinés à devenir plus tard des hystériques.

7° L'hystérie peut exister chez l'enfant avant l'âge de la puberté ; l'époque du maximum de sa fréquence est l'âge de douze à vingt-cinq ans; au-delà de cet âge, l'invasion de l'hystérie est rare.

8° On trouve dans le développement des actions nerveuses, plus que dans celui des organes génitaux, les causes de ces aptitudes à l'hystérie.

9° Il n'y a pas de tempérament ni de disposition matérielle de laconstitutionquiprédipose à l'hystérie.

10° L'hystérie est plus commune dans les basses classes de la société, où elle atteint le quart des femmes, que dans les classes plus élevées, chez qui elle en atteint au plus le huitième.

M . \\ SES PRÉDISPOSANTES.

Il L'hvstérie est presque aussi commune dans les campagnes que dans 1rs villes.

12° Une éducation trop dure conduit plus à l'hys- Lérie qu'une éducation trop douce.

13 Le régime de vie dans lequel L'alimentation est insuffisant conduit plus à l'hystérie qu'un régime trop succulent.

1 V Les passions et les affections morales tristes sont les seules qui prédisposent à l'hystérie.

15° Les professions n'ont d'influence sur L'aptitude à contracter L'hystérie qu'en déterminant un affaiblissement général de la constitution, en taisant prédominer Le système nerveux et en multipliant les occasions d'impressions pénibles sur ce système.

16" Les maladies des organes génitaux ne prédisposent pas beaucoup plus que celles des autres organes à contracter l'hystérie.

17° La continence ne dispose à L'hystérie que chez Un très petit nombre de sujets chez Lesquels des circonstances particulières viennent exciter les organes génitaux, ou stimuler la portion de l'encéphale qui correspond à coordonner les act ions de ces organes.

18° Rien, dans la prédisposition, ne justifie les opinions desanciens sur les causes matérielles de l'hystérie.

Tout récemment, et connue pour montrer que, jusqu'aux derniers jours de son existence si longue et si bien remplie, il avait poursuivi le sujet des études de sa jeunesse et de -a maturité, Briquet a résumé à nouveau ses idées sur la prédisposition a L'hystérie dans une communication à l'Académie de médecine.

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