ATTENTATS A LA PUDEUR
i ration et d'interdiction, celle du degré de responsabilité peul se poser, à propos île certains actes criminels. Contrairement au satyriasique qui viole volontiers et tue quelquefois ses victimes, nous l'avons vu, les nymphomanes se rendent assez rarement coupables de faits graves qui les exposent aux rigueurs de la loi. 11 s'agit plus souvent de délits que de crimes : des propos obscènes tenus en public, des provocations aux passants dans la rue, tels sontlesactes répréhensiblesqui, d'habitude, sont imputés à ces malades. Exceptionnellement cependant, la nymphomane se livre à de véritables attentats à la pudeur, notamment sur des enfants qu'elle pousse à la débauche et dont elle fait le jouet de ses ignobles passions. Le douloureux procès qui s'est débattu à Bordeaux, au printemps de l'année 1881, et dont on sait le retentissement, en a fourni un affligeant exemple.
Le compte rendu, même partiel, de celte déplorable affaire ne saurait trouver sa place ici. Toutefois, comme il a été beaucoup question dans les débals — et à tort — des dérèglements génésiques d'une hystérique, nous tenons à démontrer, par un simple fragment détaché de l'acte d'accusation que cette hystérique n'était autre qu'une nymphomane.
OBSERVATION XIII.— Les scandales de Bordeaux. — Marianne Laborde. — Attentats à la pudeur commis par une nymphomane sur deux enfants, avec complicité.
.... « Les époux D... avaient à leur service la fille Marianne Laborde qui, par sou zèle et la régularité apparente de sa
conduite, leur avait inspiré une entière confiance. Les enfants (Joseph 1>.... âgé de onze ans, el Marie I»..., âgée de douze ans et demi) racontèrent qu'abusant de son empire sur eux, cette domestique les avait amenés la nuit dans sa chambre, qu'elle les avait dépouillés et s'était dépouillée elle-même des derniers vêtements; puis qu'elle les avait l'ait danser en chantant des paroles obscènes, et s'était livrée sur eux à des attouchements avec la main et..., les avait forcés d'en pratiquer sur sa propre personne, et, pour couronner ces attentats, avait placé le frère sur la sœur en vue d'un rapprochement qui n'avait pu s'opérer. »
Cette horrible femme conduisait les enfants chez des complice-.
« Les enfants ont d'abord été amenés au rez-de-chaussée de la maison du nommé II...; mais [tins tard, ce fut dans la chambre <lr la domestique de celui-ci qu'eurent lieu les scènes de débauche avec les enfants et avec les deux femmes qui, toutes nues, se livraient à des embrassements et à des rapprochements contre nature
» Quant au nommé C..., elle lui amena plusieurs fois les enfants; il venait lui-même, la nuit, les recevoir à la porte et les conduisait dans sa chambre. Il n'y eut d'abord que des attouchements sur Joseph et Marie D..., ainsi que des scènes de lubricité avec Marianne Laborde. Puis, gêné par la présence de Joseph, il refusa de le recevoir davantage. Seul alors avec la petite fille, et provoqué par la servante, il consomma, au moins à deux reprises, l'acte charnel sur Marie D.... Marianne Laborde raconte qu'à un moment elle dut intervenir »
Les aveux de Marianne ont été formels et précis, et elle a ajouté que, si elle avait reçu le plus souvent quelque argent pour prix de ses services, elle tira il été sollicitée bien davantagepar la satisfaction que lui causaient les pratiques de débauches auxquelles elle avait été initiée et qu'elle se plaidait à mettre en œuvre avec les accusés. »