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Fouquet, Thc-e de Paris

YOMISSEMENTS STERCORA1 \ 113

OBSERVATION XI. — Hystérie. — Vomissements stercoraux. — Pblhisie pulmonaire. — Mort.

II... (Louise), vingt ans, couturière, taille moyenne, cheveux châtains, visage d'une pâleur jaunâtre. Elle a l'aspect caractéristique de la chlorose. Ses règles sont apparues à seize ans, et elle a été toujours mal réglée depuis. Habituellement constipée, elle est souvent cinq à six jours, et même davantage, sans aller â la garde-robe. Elle semble être dans la misère et se nourrir fort mal.

Son père est mort d'accident. Sa mère est très nerveuse. Une de ses sœurs est morte phthisique à dix-huit ans. — Une autre se porte assez bien maintenant, mais a eu deux attaques de rhumatisme articulaire aigu. Cette dernière est mariée et a eu deux enfants qui sont morts de convulsions. Elle a aussi deux frères en bonne santé tous les deux. Louise II... est très nerveuse, comme sa mère. Elle pleure et rit sans motifs. Mais elle n'a jamais eu d'attaques de nerfs jusqu'à ce jour.

En octobre 1875, elle sort pour aller reporter son ouvrage, et est prise dans la rue de violentes coliques. Ses douleurs sont tellement vives qu'elle est obligée de s'arrêter, et de demander du secours. On la reçoit chez une fruitière qui s'empresse de lui donner du vulnéraire. Les douleurs augmentent, elle pousse des cris plaintifs. Nausées, éructations, borborygmes, respiration pénible; une anxiété extrême est peinte sur son visage. C'est à ce moment que le hasard nous fait rencontrer cette malade. Comme elle habite dans le voisinage, nous conseillons de la transporter chez elle, mais au moment où deux personnes la soutiennent pour la reconduire, elle devient tout à coup extrêmement pâle, une sueur froide lui couvre le front et les mains, et elle est prise d ! vomissements. Elle rejette d'abord des aliments; de nouvelles

Lecra.nd du Saulle. Les hystériques. 8

III TROUBLES DE I.A MoïlUlT.

nausées amènent de la bile, et, après plusieurs efforts infructueux, elle vomit des excréments durs, d'un brun noirâtre, mêlés aune matière liquide de couleur beaucoup plus claire. L, s en s répandent une odeur infecte, très caractéristique. La malade est complètement affaissée sur une chaise, dans nn état profond de prostration, elle a le regard égaré et continue à se plaindre. Bientôt les efforts de vomissements reparaissent et amènent encore l'expulsion de matières semblables. Au bout de quelques minutes, elle revient à elle peu à peu, rougit, et parait très confuse de l'accident qui vient de lui arriver. Elle est alors reconduite chez elle où sa mère, informée de ce qui était arrivé, nous dit ipie les mêmes accidents se sont produits il y a t i«>is mois dans d. ■- circonstances analogues. Nous apprenons que depuis un an elle tousse, fréquemment, et à l'auscultation nous trouvons des craquements très manifestes au sommet du poumon droit. La malade, complètement remise de son accident, nous affirme alors n'avoir pas été à la garde-robe depuis vingt jours.

Les jours suivants elle put reprendre son travail; mais six semaines environ plus tard, elle, fut prise de grandes attaques d'hystérie qui revinrent à des intervalles plus ou moins rapprochés, et s'accompagnèrent d'une hémianesthésie du côté gauche et d'ovaralgie du même côté. Fait digne de remarque, lorsque ses attaques revenaient, la toux était moins opiniâtre et l'état du poumon semblait s'améliorer, mais comme la malade était obligée d'interrompre son travail, elle prenait du bromure de potassium, et à mesure que les accidents nerveux diminuaient d'intensité, l'état du poumon s'aggravait de nouveau. En I87C), les deux poumons étaient pris et en avril 1877, la malade succombait. Elle n'avait pas eu d'accidents hystériques pendant les six derniers mois de sa vie.

Les fibres musculaires de V intestin sont aussi chez

TYMPANITE HYSTÉRIQUE. II.-

les hystériques assez fréquemment le siège de spasmes. Ces spasmes chassent bruyamment les gaz qui sonl

souvent sécrétés en quantité anormale parla muqueuse; de là ces borborygmcs, ces bruits variés, fort désagréables pour la malade et qui sonl, un symptôme commun dans la névrose.

Il peut arriver que les fibres circulaires se contraelurent violemment sur deux points plus ou moins éloignés, et enserrent entre ces deux points activement rétrécis des gaz, qui forment de véritables tumeurs sonores et quelquefois douloureuses, de la possibilité desquelles il faut être bien prévenu, si l'on veut éviter de fâcheuses et grossières erreurs du diagnostic.

OBSERVATION XII. — Tympanite hystérique pouvant simuler une grossesse, t cause de l'aménorrhée et des troubles digestifs concomitants.

S. (Louise), vingtet un ans, mécanicienne, entrée à l'Hôtel- Dieu en 1879, salle sainte Marie n°ll.

Antécédents. — Sa mère est morte phthisique. Elle a été élevée par une belle mère qui prenait plaisir à la contrarier et la traitait durement. Dès l'âge de onze ans, elle eut fréquemment une tuméfaction de la région épigastrique pour laquelle les médecins furent plusieurs fois consultés. Elle n'a jamais eu d'attaques convulsives ; mais ses goûts sont capricieux; elle a souvent la sensation de boule dans la gorge, une douleur à la pression au niveau de l'ovaire gauche, des palpitations, des céphalalgies frontales et des tremblements dans la voix à la moindre émotion.

Elle est mariée, n'a pas eu d'enfants, et en désire. Depuis

Mt; TROUBLES I>K LA MOTILITÊ.

tn>i< mois ses règles n*onl pas paru; elle a des vomissements alimentaires fréquents, mais aussi des vomissements de sang rouge, abondants, qui se produisent irrégulièrement, sans relation avi c l'ingestion des aliments.

Elle présente à la partie moyenne de l'abdomen une tuméfaction considérable uniformément rénitente, assez douloureuse au palper, sonore à la percussion en certains points, mais en d'autres d'une tonalité aiguë simulant presque la matilé. La respiration est gênée par le refoulement du diaphragme; la constipation est très marquée.

La malade se croit enceinte; elle donne à l'appui de cette présomption les troubles gastriques qu'elle ressent, le dégoût pour certains aliments et des envies pour certains autres, des picotements et de la tension dans les seins, et celte augmentation de volume du ventre qui s'est produite graduellement depuis que ses règles sont supprimées. Mais le toucher vaginal pratiqué permet de constater un utérus de volume normal dont le col conique n'est pas ramolli; et d'ailleurs, le ventre serait trop développé pour une grossesse de trois mois.

On porte le diagnostic de tympanite stomacale chez une hystérique. La malade est soumise pendant quelques jours à l'hydrothérapie, à l'électrisation des parois abdominales, à l'usage interne de la noix vomique. Elle eut une attaqued'hystérie convulsive à la suite d'une contrariété dans le service, et partit sans qu'on eût constaté d'amélioration dans son état1.

Spasmes de* voies aériennes. — Ces Spasmes peuvent intéresser exclusivement les muscles du larynx ou tous ceux qui concourent à l'accomplissement de l'acte respiratoire, dans les expirations forcées et dans les divers actes physiologiques dont l'accomplissement

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