SPASMES DES VOIES AÉRIENNES
exige la sortie brusque et l'expulsion active de l'air hors des voies aériennes.
Si la convulsion se limite aux constricteurs de la glotte, on observe alors une dyspnée intense, de l'angoisse et un tableau symptomatique qui rappelle d'assez près relui qui caractérise le spasme glottique ou la laryngite striduleuse des enfants.
OBSERVATION XIII. — Spasme du pharynx et du larynx chez une hystérique emphysémateuse. — Trachéotomie.
B. (Marie), vingt ans, domestique, entrée à THôtel-Dieu le 10 janvier 1879. Cette malade est petite, blonde, parait avoir seize ans plutôt que vingt, a l'air doux et triste. Voix enfantines.
Antécédent*. — Sa mère est morte d'une affection de l'estomac, peut-être d'un cancer. Son père avait des douleurs rhumatismales.
Klle a l'haleine habituellement courte ; elle s'enrhume facilement l'hiver et ne se porte guère bien l'été; elle dit avoir maigri et craché du sang. Pourtant les joues sont pleines, le mains potelées. Elle se plaint encore de douleurs d'estomac après avoir mangé, douleurs qui correspondent dans le dos, et prétend vomir souvent à flots du sang pur ou mêlé d'aliments. Constipation habituelle. Menstruation régulière depuis l'âge de quinze ans, mais aménorrhée depuis quatre mois. Zones d'anesthésie irrégulièrement disséminées.
Sueurs abondantes et fréquentes limitées à la paume des mains.
Voussure cléido-mamelonnaire et sterno-mamelonnaire Hyperesthésie de la paroi thoracique. Sonorité tympanique à la percussion. On entend à peine le murmure vésiculaire, mais aucun bruit adventice.
Un soir, vers dix heures, la dyspnée, dont elle se plaint
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souvent, a augmenté tellement et en si peu de temps que l'on »a chercher l'interne de garde. Celui-ci trouve la malade cyanosée, râlant avec les signes habituelfl de sténose laryngée, du tirage. 11 y a aussi de la dysphonie, et la déglutition des liquides est impossible. La patiente, pleine de terreur, fait signe qu'elle étouffe. Après avoir hésité quelques instants et avoir pris l'avis de M . B., ancien interne de l'hôpital des enfants et aujourd'hui professeur agrégé à Bordeaux , l'interne de garde pratique la trachéotomie; mais il constate que l'introduction de la canule n'est pas suivie du soulagement habituel. La dyspnée diminue seulement peu à peu.
Le lendemain, le chef de service émet l'avis que l'on eût peut-être pu, en taisant îles inhalations de chloroforme ou d'éther, éviter la trachéotomie, qui fut pratiquée d'ailleurs dans deux cas analogues par Micliou et Velpeau. La nature spasmodique des accidents n'est pas douteuse. Deux jours après, en effet, malgré la présence de la canule, nouvelle crise de dyspnée paroxystique : toux quinteuse, angoisse peinte sur le visage, sueurs profuses sur le front. On place devant la canule, une compresse imbibée de chloroforme, et, quand la malade est presque endormie, la respiration devient beaucoup moins gênée. Le lendemain, elle respire très facilement, sa figure est calme et reposée; seulement elle a de la dysphagie. La canule est retirée.
Depuis lors, la cicatrisation de la plaie trachéale se continue sans accidents. Pourtant, il faut noter que deux fois, avant son départ pour le Vésinet, elle a été pendant la soirée plongée dans un état semi-cataleptique, et on a su par ses parents que pareil accident lui était déjà arrivé cinq ans plus tôt.
Le diagnostic du chef de service était depuis longtemps fixé : cette malade n'avait ni ulcère simple, ni tuberculose, mais de l'emphysème avec des manifestations hystériques, spasmodiques et convulsives.
Quelque- mois après, elle est rentrée à l'Hôtel-Dieu dans