RALENTISSEMENT
mulées antérieurement par plusieurs auteurs (Laycock, M. Charcot), ne méritent pas moins le plus haut intérêt.
On avait remarqué, depuis longtemps, que certaines hystériques peuvent, sans perdre de leur embonpoint, vivre avec un régime alimentaire qui serait très insuffisant pour un individu en bonne santé. Or, ce fait, en apparence paradoxal, s'explique si l'on songe que le mouvement vital est chez ces malades considérablement moins actif qu'il ne l'est d'habitude à l'état normal. Les hystériques ont été très justement comparées à certains animaux hibernants, chez lesquels, durant l'hiver, la nutrition se ralentit visiblement. M. Empereur a noté, en effet, que la quantité d'acide carbonique éliminée par le poumon est de beaucoup inférieure au chiffre physiologique. L'urée et les matières Gxtractives rendues par les urines sont aussi très diminuées. C'èsl ce qui explique en grande partie pourquoi l'anurie, qui est si redoutable chez les individus vigoureux et tue très rapidement les animaux auxquels on a lié les uretères, peut être, durant un certain temps, sans effet fâcheux chez une hystérique. Nous avons vu plus haut que, dans l'ischurie hystérique, il est commun de voir se produire des vomissements, et qu'alors une partie de l'urée, qui aurait dû s'éliminer par les reins, sort de l'économie par la voie de la muqueuse gastrointestinale. Mais, même dans ces cas où il se produit une voie d'élimination supplémentaire, la quantité d'urée rejetée au dehors de l'économie est manifestement inférieure, comme l'ont établi les recherches de
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.M. Empereur, à la quantité normalement excrétée par les reins.
On peul dans l'hystérie observer, contrairement au ralentissement dos fond ions nutritives, l'exagération du mouvement de désassimilation qui caractérise la fièvre.
La lèvre hystérique, dont la réalité a été mise en doute par quelques auteurs (Grisolle, Landouzy), a été, au eonlraire, reconnue et admise par le plus grand nombre (\e^ médecins qui se sont occupés de la question. Baillou, Morgagai, Tîssot, Pomme croient à son existence, et Briquet s'est attaché à décrire certains des aspects sous lesquels elle peul se présenter. A vrai dire, plus d'une obscurité règne encore à l'égard de ce symptôme. Beaucoup d'observations, qui ont été considérées comme se rapportant, à la fièvre hystérique, el dans lesquelles on mentionne soigneusement l'abattement de la malade, l'exagération du nombre des pulsations, sont muettes au sujet de la température. Or, on sait aujourd'hui que l'élévation du chiffre thermique est le seul phénomène véritablement significatif en matière de fièvre.
Il est donc vraisemblable qu'on a englobé sous le titre commun de fièvre hystérique, un certain nombre de cas dans lesquels on n'avait alla ire à autre chose qu'à celte accélération du pouls, cet abattement ou celle excitation nerveuse qui ne sont pas rares dans la névrose, en dehors de tout étal fébrile.
Les remarques qui précèdent s'appliquent non seulement aux observations anciennes, mais même à
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quelques-uns des faits récents. On *<>n convaincra en lisant avec attention ceux qu'a rapportés M. Briand, dans sa thèse1.
Ce n'est donc pas sans taire de sérieuses réserves qu'on peut mentionner les conclusions qui ont cours aujourd'hui.