‹ Les hysteriquesChapitre 74 sur 265 · Noie lue à l'Académie «d-s sciences, 13 février · texte numérisé non relu

Noie lue à l'Académie «d-s sciences, 13 février

'Hl NOM! SES HYPNOTIQUES.

l'état normal; l'hyperexcitabililé neuro-musculaire, telle qu'elle a été définie plus haut, n'existe pas, ou, autrement dit, l'excitation dos nerfs, des muscles euxmêmes, enfin, la percussion dos tendons ne déterminent pas do contracture. Mais, par contre, <<n peut, par diverses manœuvres, outre autres à l'aide i\^ légers attouchements promenés à plusieurs reprises sur la surface d'un membre, ou encore, à l'aide d'un souffle léger dirigé sur la peau, développer dans ce membre un étal de rigidité qui diffère de In contracture liée à l'hyperexCitabilité neuro musculaire, en ce qu'elle ne cède pas, comme celle-ci, à l'excitation mécanique des muscles antagonistes, tandis qu'elle cède, au contraire, 'in général, trèsfacilement sous l'influence deces mêmes excitations cutanées faibles, qui l'ont l'ail naître.

Souvent confondue avec l'immobilité cataleptique, la rigidité de l'état somnambulique s'en sépare cependant foncièrement; entre autres, par la résistance parfois très prononcée qu'on rencontre dans celle-ci au niveau des jointures, lorsque l'on essnye d'imprimer au membre raidi un changement d'attitude. On pourrail appeler cataleptoïde ou pseudo- cataleptique cette rigidité propre à l'état somnambulique, pour la distinguer de Y immobilité sans raideur, qui appartient seule à l'état cataleptique.

Dans l'état sômodmbulique l'analgésie peut être complète, mais il existe habituellement une exaltation remarquable de certains modes encore peu étudiés dans la sensibilité de la peau, du sens musculaire H de quelques-uns des sens spéciaux. Il esten général facile,

ÉTAT SOMNAMBOUQl ! 177

par voie d'injonction ou de suggestion, <Je déterminer chez le sujet la mise enjeu d'actes automatiques tré

compliqués et 1res variés.

Il est du plus haut intérêt de savoir que les fonctions intellectuelles acquièrent parfois dans l'état somnnmbulique une exaltation remarquable, et la sensibilité un degré de finesse véritablement étonnant. C'esl à cet état que se rapportent la plupart des phénomènes qui ont été, au double poinl de vue précédent, si attentivement décrits par les auteurs.

La malade eause abus avec une extrême lucidité, elle répond lié- nettement aux questions qu'on lui adresse. La mémoire a acquis une précision surprenante, et Ton assiste à la renaissance d'images qui depuis longtemps s'étaient effacées des souvenirs. La patiente raconte son histoire, insiste sur certains détails de son passé qu'au réveil elle aura oubliés, récite des pages entières de littérature, apprises autrefois, et qu'en dehors du sommeil elle aurait grand'peine à se rappeler. Il n'y a rien qui doive nous surprendre dans ces faits. On en a observé d'analogues en dehors de l'état hypnotique, chez des malades et même des sujets bien portants. Il s'agit là, après tout, de la résurrection inattendue d'images restées depuis longtemps latentes dans la profondeur de notre cerveau. M. Taine'ena rapporté d'intéressants exemples. En voici, entre autres, un des plus remarquables :

« Une fille fut saisie d'une fièvre dangereuse, et, dans le paroxysme de son délire, on observa qu'elle

I. U. Taine, De l'intelligence, t. I, p. 146 et suiv. i.EfiRVND DD SACi.it. — Les hystériques. M

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