‹ Les hysteriquesChapitre 75 sur 265 · I»HI N0MÈNES HYPNOTIQ1 ES · texte numérisé non relu

I»HI N0MÈNES HYPNOTIQ1 ES

parlait une langue étranger que, pendant un certain temps, personne ne comprit. Enfin, on s'assura que c'était le gallois, idiome qu'elle ignorait entièrement lorsqu'elle tomba malade, el dont elle ne put duo une syllabe quand elle fut guérie. Pendant quelque temps, celte circonstance fut inexplicable, jusqu'à ce que sur enquête, on trouva qu'elle était née dans le pays de Galles, qu'elle avait parlé le langage de ce pays pendant son enfance, mais qu'elle l'avait entièrement oublié dans la suite. M. Du val (loc. cit.) cite le fait sui-

vant, t«>i i analogue, on va le voir, à relui qui précède : i Une fille de vingt-cinq ans, très ignorante e( ne sachant même pas lire, devenue malade, récitait d'assez longs morceaux de latin, de grec el d'hébreu rabbinique. A l'état de santé, elle parlait tout au plus sa propre langue. Pendant son délire, on écrivait sous sa dictée plusieurs des morceaux qu'elle débitait. En allant aux informations, on sut qu'à l'âge de neuf ans elle avait été recueillie par son oncle, pasteur fort bavant, qui se promenait d'ordinaire, après son dîner, dans un couloir attenant à la cuisine, et répétai! alors ses morceaux favoris d'hébreu rabbinique el de grec. On consulta ses livres et l'on y trouva, mot pour mot, les morceaux ré< ités parla malade. » Ces faits, en nous donnant la clef de bien d'autres réputés merveilleux, éclairent d'un singulier jour les histoires, exploitées à plaisir, d'hystérique acquérant tout à ooup le don des langues, dans le sommeil hypnotique.

Dans l'étal somnambulique, d'ailleurs, ce n'est pas iih'ni la mémoire qui gagne en vivacité. La sen-

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sibilité devient exquise. Le souffleté plus léger fait frissonner la malade. A travers \<-< paupières presque complètement clo><-, elle perçoil des sensations luraiaeuses qui seraient, à l'état normal, impuissantes à impressionner sa rétine. L'hypnotique dans quelques cas peul lire les yeux fermés. Elle senl les odeurs à une grande distance, entend le plus léger bruil el en discerne les plus Unes nuances, Une personne connue entre-t-elle dans la pièce <>ù se trouve la malade, celleci la reconnaîl au bruit de son pas, ou aux moindres paroles prononcées à voix liasse, du bout (les lèvres. On devine toul le parti que le charlatanisme peul el a su tirer des particularités de cet éiat.

Fait curieux et qu'il importe de relever, tandis que les sensibilités tactile, auditive, etc., <»m acquis ce degré remarquable de finesse, l'analgésie est le \>\u> souvenl absolue, el l'on peul impunément piquer, pincer ou brûler la malade sans qu'elle accuse la moindre souffrance.

Lorsque chez unsujet dans l'état de somnambulisme provoqué, on exerce, à l'aide des doigts appliqués sur les paupières, une légère compression des globes oculaires, l'étal léthargique avec hyperexcitabilité neuromusculaire remplace l'état somnambulique. Si, au contraire, relevant les paupières, on mainlienl dans un lieu éclairé, l'œil ouvert, l'étal cataleptique ne se produit pas. On voit par là qu'entre l'état léthargique et l'état somnambulique, la relation est plus directe qu'elle ne l'est entre celui-ci et l'étal cataleptique.

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