SUGGESTION
évidence la liaison étroite, créer vraisemblablemenl par l'habitude, qui existe entre l'expression de la physionomie et certaines attitudes des membres.
Lorsque, à l'étal de veille par exemple, nous menaçons du poing une personne ennemie, ce mouvement s'associe à l.i contraction de certains muscles du xisage, {\es frontaux notamment, qui communiquent à la physionomie un air de courroux; de même, l'application <\^s doigts sur le devant des lèvres dans l'acte d'envoyer un baiser est intimement lire à la contraction des faisceaux musculaires dont l'action synergique exprime le sourire. Or l'altitude du membre s'associe si intimement â l'expression corrélative du visage par la puissance de l'habitude, que, dans le sommeil cataleptique, on détermine avec facilité, d'une façon toute automatique, la plupart ^cs contractions musculaires qui expriment nos sentiments intimes, en communiquant aux membres l'altitude correspondante.
Ainsi la malade se met à sourire, lorsqu'on place la face palmaire de ses doigts au devant de ses lèvres; sa figure devient menaçante, quand on tend en avant son poing fermé, comme dans l'attitude de la lutte; son visage revêl l'expression de la prière, si on lui croise les doigts des deux mains dans la situation que nous leur communiquons d'habitude dans nos supplications; et tous ces mouvements de la face s'exécutent spontanément, machinalement, sans que la patiente en ait conscience et que sa volonté intervienne. Il s'agit là de la mise en œuvre purement automatique, toute spinale, pour parler le langage de la physiologie, des associa-
PHÉNOMÈNES HYPNOT1Q1 I S.
lions fonctionnelles préétablies dans l'axe médullaire.
Au demeurant, ces associations fonctionnelles peuvent se manifester d'une façon bien plus remarquable encore, el aboutir à la réalisation d'actes compliqués que la malade accomplit machinalement , comme une véritable automate, dès qu'une impression ou un mouvement communiqué a mis en branle le système des cellules nerveuses préposées à ces actes. Quelques exemples en donneront une idée nette.
Un dispose le- membres inférieurs de la malade dans l'attitude où nous les plaçons volontairement lorsque nous voulons monter un escalier, c'est-à-dire que l'une des jambes esl à demi fléchie sur la cuisse, le pied appuyé sur une chaise, pendant que l'autre reste '■tendue, le pied reposant sur le sol. Aussitôt la patiente s'élance, se cramponne à la muraille et l'ait effort pour grimper, avec une telle violence, dans quelques cas, que plusieurs personnes sont nécessaires pour la refréner. — Met-on entre les mains d'une hystérique catalepsiée un morceau de savon ou un objet qui par sa forme le rappelle, aussitôt la malade se met à se frotter les mains, comme dans l'acte de se laver, el elle continue cet exercice, comme une machine exécute son mouvement, jusqu'au moment où on l'arrête. — Nous pourrions multiplier a^ exemples à l'infini. Il s'agit là, au tond, de faits du même ordre que ceux indiqués par Braid. C'est toujours de l'automatisme spinal. On pourrail comparer la cataleptique à une grenouille décapitée, qui, placée dans l'eau, continue à nager avec