HALLUCINATIONS PROVOQUÉES
autanl de régularité que durant la vie, sous l'influence de l'innervation de la moelle.
Les faits qui suivent sont, encore, en apparence, plus singuliers que les précédents, bien que susceptibles de la même interprétation. Il s'agit des hallucinations provoquées, l'un des phénomènes les pins curieux de l'état de suggestion. LTn fail concret parlera pins nettenîenl à l'espril que tontes les descriptions abstraites. Nous rempruntons à M. Richet (loc. cit., p. 395) : « Pendant que B... est en étal cataleptique, on attire son regard, et, le dirigeant à terre, on lui dit qu'elle est dans un jardin rempli de fleurs. Aussitôt l'état cataleptique cesse, elle fait un geste de surprise, sa physionomie s'anime; « qu'elles sont belles-! » dit-elle, et, se baissant, elle cueille les fleurs, en fait un bouquet, en attache à son corsage, etc.
Pendant qu'elle se livre à sa cueillette imaginaire, on lui fait remarquer qu'une grosse limace se trouve sur la fleur qu'elle tient à la main. Elle regarde... L'admiration fait aussitôt place au dégoût, elle rejette la fleur et s'essuie avec persistance la main à son tablier.
L'hallucination peut indifféremment intéresser tous les sens, soit simultanément, soit séparément. Lorsque, après avoirprovoquéunehallucination, onabandonne la malade à ses propres ressources, celle-ci, suivant la richesse de son imagination, y reste confinée, ou lui fait subir des développements plus ou moins étendus. Par l'association des idées, le cercle dans lequel se meut l'activité cérébrale, une fois mise enjeu par la suggestion étrangère, peut s'élargir spontanément, et sans non-
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\ elle intervention de la pari de l'observateur. Si l'on montre un blessé à 15..., on la voit prendre un air de commisération, se baisser, s'agenouiller, el faire le e de rouler une bande autour d'un membre malade, i
Dans l'exemple qui précède, comme dans tous les autres, el il- >ont nombreux, que mous pourrions citer, il s'agil toujours de phénomènes de même nature.
Nous avons affaire ici à des associations d'idées provoquées, comme nous avions tout à l'heure affaire à dc> associations de mouvement. Dans l'un comme i\\\\l'autre cas, la malade reste une automate qui obéit, avec la même facilité qu'un appareil dont tons les rouages seraient habilement combinés, à l'impulsion qu'on lui communique; quecette impulsion soil un mouvement, une impression sensorielle, peu importe, le résultat est toujours le même : «-'est la mise en jeu de l'activité automatique du système nerveux, en dehors de toute intervention de la volonté et de la conscienee. Braid avait entrevu tous ces faits, et beaucoup d'auteurs les onî observes et véritiés depuis (Carpenler, Azam, etc. ».
Dans iV|;i| de suggestion, l'aneslhésie de la peau el des muqueuses à la douleur est aussi profonde que dans la catalepsie, mais les -eus sont partiellement conservés; letael subsiste, la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût sont susceptibles de percevoir des impressions ; etc'est grâce à cette permanence de la sensibilité, de la sensibilité inconsciente tout au moins, qu'il est possible de suggérer des idées el des hallucinations.
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M. Ch. Féré1 a fail d'intéressantes recherches sur 1rs mouvements de lapupilleel les propriétés du prisme dans les hallucinations provoquées des hystériques. Pour se mettre à l'abri des erreurs qui peuvent être attribuées à la prédisposition au mensonge que l'on accorde à toutes ces malades, il est bon d'étudier, dans les manifestations spontanées ou provoquées de l'hystérie, les modifications éprouvées par certains organes qui, à l'état normal, ue sont pas soumis à la volonté. La pupille peut fournir à cet égard d'utiles renseignements.
On savait déjà que, dans l'attaque d'hystéro- épilepsie, à la période des altitudes passionnelles, on observe des alternatives de dilatation et de rétrécissement qui oYit semblé en rapport avec la distance à laquelle se trouve l'objet qui figure dans l'hallucination. Or, chez des hystériques avec lesquelles on pouvait entier en communication parla parole pendant la catalepsie, voici ce que Ch. Féré a observé : lorsqu'il leur ordonne de regarder un oiseau au sommet d'un elocher ou s'élevant très liaut dans les airs, la pupille se dilate progressivement jusqu'à doubler ou peu s'en faut son diamètre primitif; si l'on fait redescendre l'oiseau, la pupille se rétrécit graduellement, et l'on peut reproduire le même phénomène autant de fois que l'on évoque l'idée d'un objet quelconque qui se meut.
Ces modifications de la pupille que l'on provoque ainsi chez une cataleptique, qui ne cesse pas d'ailleurs d'offrir tous les caractères propres à lacalalepsie, mon-