ÉTAT MENTAL DES BYSTÉRIQBES
restent peu prononcés, les conséquences en sont rarement sérieuses. Il s'agit de ce que l'on est convenu d'appeler une femme nerveuse, un esprit mal équilibré. 1 désagréables couvent à ceux qui les entourent, ces malades, car ce sont bien déjà des malades, connaissent parfaitement la portée de leurs actes. Ellesjouissent d'une entière responsabilité, et ne s'exposent pas d'ailleurs très fréquemment à encourir les rigueurs de la loi. A ce groupe cependant doivent être certainement rattachées un certain nombre de ces héroïnes, dont le compte rendu delà police correctionnelle ou de la cour d'assises nous rapporte de loin en loin les actes étranges; qui, se laissant librement aller à leur surexcitation nerveuse, tout en tablant trop souvent sur la bienveillance du public ou l'indulgence des juges, jettent du vitriol à la face d'un amant infidèle, ou intentent des procès scandaleux en séparation de corps.
II. — DEUXIÈME DEGRÉ. — ÉTAT MENTAL DES HYSTÉRIQUES DANS L'ENFANCE, A L'AGE ADULTE ET A L'AGE DE LA MÉ- NOPAUSE.
A ce degré, les choses sont plus sérieuses, et le médecin légiste est assez souvent appelé à s'occuper de cette catégorie de malades. Il s'agit des mêmes symptômes que tout à l'heure, mais plus prononcés : la versatilité des idées est poussée à un degré plus avancé, la mobilité de l'humeur devient insupportable.
L'hystérique éprouve davantage le besoin de se rendre intéressante, et d'attirer sur elle l'attention publique.
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Elle ourdi l volontiers des intrigues ei exécute des tromperies pinson moins adroitement calculées. Friande andres, elle se complaîl dans la médisance et \ Ise aussi bien les parents el les amis que les indifférents. Elle n'épargne même pas la calomnie et va quelquefois jusqu'à la dénonciation. Elle ne recule pas devant de faux témoignages, prête de faux serments on écrit des lettres anonymes.
Les choses ne vont pas encore toutefois jusqu'à ce besoin impérieux de réclame et de tapage, que nous allons rencontrer au degré suivant, jusqu'à ces trames diaboliques, pins ou moins habilement préparées, qui tendent souvent à compromettre et à déshonorer les personnes les plus dignes d'estime. Ce sontles parents, le mari surtout, qui ont à souffrir de l'étrange état mental de la malade, le mari auquel on reproche des infidélités conjugales souvent imaginaires, pour lui intenter des procès. On fait le plus de scandale possible, on met en mouvement les avoués et les avocats, lesquels se prêtent trop souvent, sans le savoir, aux déplorables manœuvres d'une imagination maladive. Au fond de tout cela, qu'y a-t-il ? — De l'hystérie.
Qu'est-ce donc en somme que l'hystérie au point de vue mental? De quels éléments se compose ce bizarre complexus psychique? A quels signes peut-on le reconnaître, quand il existe? Ne peut-on en prévoir souvent Téclosion? — Autant de questions auxquelles le moment est venu de répondre.
On doit à M. le Dr Henri fluchard une tré< complète étude sur l'état mental des hystériques, et nous ne sau-
LLS JEUNES HYSTÉRIQI
rions mieux faire que de recourir àplu> d'une citation de cet intéressant travail l.
Cl. L'hystérie tlanw 1 enfance nY'St [JUS lai'e; I10US
en avons cité plusieurs exemples. Elle existe à des degrés variables, mais le plus souvent il n'est pas difficile de reconnaître dès le jeune Age certaines dispositions intellectuelles, qui sont comme l'ébauche du caractère hystérique, et qui se |M'i^nentsurleslrailsd'une physionomie éveillée, mobile, expressive contrastant singulièrement avec la ligure indifférente, inerte et sans expression des jeunes épileptiques.
Les jeunes hystériques « sont facilement impressionnables, sujettes à pleurer ou à rire sous les prétextes les plus futiles, douées d'une vive imagination et d'une intelligence remarquable. Elles se distinguent dans toutes les études, surtout sur la musique, le dessin, et possèdent un talent naturel d'imitation. Elles pratiquent volontiers le mensonge et jouent d'instinct la comédie, i (Jules Simon.) D'autres fois, étant turbulentes à l'excès, querelleuses et susceptibles, se fâchant avec leurs petites compagnes et vraiment indisciplinables, elles sont obligées de quitter leurs classes et n'on pas reçu l'instruction la plus élémentaire. Mais celte turbulence cesse brusquement à certains jours : elles sont prises alors sans cause appréciable d'une tristesse profonde, et restent pendant des journées entières dans un mutisme obstiné.
A la moindre contrariété, à l'occasion de la ré-