‹ Les hysteriquesChapitre 91 sur 265 · Archives de neurologie mars · texte numérisé non relu

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rROUBLES INTELLEGT1 ELS.

prîmande la plus insignifiante, on les verra éclater en sanglots «•! verser d'intarissables larmes, tandis qu'elles éprouvent une sensation d'oppression à l'épigastre et de strangulation à la gorge. Elles soni emportées et

jalouses, coquettes et maniérées.

Elles ont une remarquable tendance aux idées hypochoiulriaques et manifestent au sujet de leur santé des préoccupations peu habituelles au jeune âge. Le plus souvent l'hypochondrie dans l'enfance est le symptôme précurseur de l'hystérie qui va naître dans un âge plus avancé (Huchard). Les petites hystériques ont des insomnies et des cauchemars, des terreurs nocturnes avec hallucinations véritables. Elles accusent souvent de la migraine ou de la céphalalgie, des douleurs gastralgiques et entéralgiques , des névralgies diverses; elles ont des spasmes viscéraux passagers et multiples, « qu'elles expriment par la sensation de corps étranger à la gorge, de bêtes qu'elles ont dans le ventre, de vers qui montent ou qui descendent... Dans certains cas encore, on observe des palpitations, des tendances aux lipothymies et aux syncopes, des pertes de connaissance incomplètes que l'on confond trop souvent avec des accidents épileptiques, surtout s'il s'y ajoute, comme il arrive parfois, de véritables attaques convulsives. »

Comme ces enfants joignent au besoin de se plaindre un désir évident de se rendre intéressantes en exagérant leurs souffrances vraies ou imaginaires, il est parfois difficile de démêler le vrai du faux dans les symptômes qu'elles énumèrcnt. Il peut en résulter de

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regrettables embarras ou erreurs de diagnostic, ainsi

que le montreront les exemples suivants.

Une petite fille de dix ans est atteinte d'une céphalalgie frontale très vive qui dure plusieurs mois et résiste à tous les calmants, à l'hydrothérapie même, et qui cède un beau jour brusquement, au moment d'une attaque de spasme pharyngo-laryngé avec toux rauque et une sorte d'aboiement. Or, dans ce cas, plusieurs médecins consultés n'avaient pas hésité à porter un pronostic très grave, puisqu'ils admettaient une affection des centres nerveux. — Une autre petite tille de six ans, jalouse de son petit frère, se dit atteinte de douleur de tète : elle accuse du vertige, des douleurs névralgiques vagues, de la photophobie ; elle refuse tout aliment, craint le moindre bruit, redoute l'impression de la lumière; le pouls est accéléré au moment des visites... ; au quatrième jour, on s'aperçoit de la supercherie, on contraint la petite comédienne de se lever, de marcher et de manger, et tous ces symptômes, qui avaient un moment éveillé quelques inquiétudes, disparaissent comme par enchantement. Or, cette enfant est devenue jeune tille; elle a maintenant seize ans, et elle est assez souvent atteinte de spasmes, de mouvements convulsifs sur la nature hystérique desquels il n'est même pas permis d'hésiter1.

West a observé deux cas de simulation à peu près

1. Jules Simon, Conférences cliniques et thérapeutiques sur les maladies des enfants, 1880.

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semblables : — Un enfant de treize ans se plaint pendant neuf mois de céphalalgie avec photophobie, il a un,' byperesthésie du cuir chevelu, de l'inappétence, de la constipation, il accuse une certaine difficulté dans la marche, etc., et cependant on découvre que l'enfant exagère tous ses symplùmes douloureux lorsqu'on l'observe; or, après un traitement moral pendant lequel l'indifférence des parents et du médecin joue le principal rôle, le petit malade guérit complètement. — Une petite tille, qui avait eu à dix-huit mois des convulsions, à >ix ans une toux spasmodique avec sensibilité considérable de l'épiglotte, accuse depuis huit ans et demi jusqu'à dix ans et demi une céphalalgie très intense, elle s'en plaint surtout lorsqu'elle est l'objet de l'attention de sa mère et du médecin ; elle présente des bizarreries et une irritabilité de caractère insolites pour son âge, refuse parfois de manger et bientôt éprouve nettement la sensation de la boule hystérique, puis elle est prise de dysphagie avec symptômes d'hydrophobie ner veu>e et de convulsions générales, accidents dont un traitement moral eutseul raison1. — Dans ces cas, ajoute si judicieusement M. West, c'est moins l'état du corps que celui de l'esprit qui doit éveiller les craintes du médecin. Car l'attention constante donnée aux moindres sensations des malades, « l'habitude de satisfaire tous leurs désirs et fantaisies , sous prétexte de maladie, et l'indulgence que les enfants trouvent toujours en

1. West, Leçon» sur les mal<t<lies des enfants, Irad. par ârchambault,

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