‹ Les Ictère HémolytiquesChapitre 15 sur 53 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

D..., Aurélie, âgée de 32 ans, célibataire.

Dès la naissance, l'ictère fut reconnu par les parents. Les conjonctives étaient teintées en jaune, mais la peau à peine pigmentée. Il reste ainsi atténué au point que la malade ne s’en aperçut pas avant l'âge de 15 ans. C'est à cette époque, où elle commença à étre réglée, que les téguments prirent une teinte jaune assez nette pour attirer l'attention, et qui depuis s'est progressivement accentuée. Cette teinte est surtout marquée au niveau de la face et des conjonctives.

L'ictère est sujet à variation. Il est des périodes durant dix ou vingt jours en moyenne, parfois un mois où la jaunisse est plus foncée; pendant un laps de temps parfois de plusieurs mois, elle est plus claire.

Dans la même journée existent aussi des alternatives d'accroissement et de diminution. L'ictère est souvent plus foncé le matin que l'après-midi vers 4 ou 5 heures; les dimanches la malade va se promener dans la campagne et elle remarque que son teint devient plus clair.

Jamais de xanthopsie. Pas de prurit.

Les digestions s'effectuent bien. La malade suit un régime où prédominent le laitage, les viandes blanches, et d'où sont exclues les sauces et les matières grasses, qui déterminent un dégoût prononcé et provoquent parfois des vomissements.

La malade va régulièrement à la selle tous les jours. Elle se dit néanmoins constipée. Ses matières sont toujours très dures. Leur coloration est normale, quelquefois jaune clair, d'autres fois surcolorées, jamais décolorées,.

De temps en temps, en moyenne trois ou quatre fois par an, surviennent des crises douloureuses à l'épigastre avec irradiations vers la région de l'hypocondre gauche. Ces paroxysmes, qui peuvent, avec une intensité variable, durer une semaine, s'arcompagnent de vomissements fréquents, surtout bilieux.

On)

Normalement, pas de douleurs dans [la région splénique, au repos.

Depuis assez longtemps, essoufflement facile sous l'influence de certains efforts, tels qu’ascension d’escaliers, marche prolongée. Cette dyspnée d'efforts coïncide avec quelques palpitations et une douleur dans la région de la rate. La malade est un peu faible et anémique. Elle accuse, lorsqu'elle passe brusquement de la position couchée ou penchée en avant, à la station verticale, des lourdeurs de tête, des vertiges. Les épistaxis sont assez fréquentes, sans rapport avec les époques menstruelles, d'ailleurs les règles sont régulières et abondantes.

A l'examen somatique, ictère généralisé à tout le corps, avec coloration franche des conjonctives et des muqueuses buccolinguale et vélo-palatine. Pas de xanthélasma.

Le foie n'est pas gros, il ne dépasse pas le rebord costal et la palpation de l'hypocondre droit n’éveille aucune sensation douloureuse.

La rate est très augmentée de volume. Son pôle inférieur est perçu par la palpation à deux bons travers de doigt au-dessous du rebord costal. Sa matité verticale atteint cinq travers de doigt et sa matité transversale quatre travers de doigt.

Il n’y a rien à relever dans les autres organes, sauf un léger souffle mésosystolique perçu à l’auscultation du cœur dans presque toute l'étendue de l'aire précordiale.

Le pouls bat 84 fois par minute.

Les urines sont hautes en couleur. Elles ne contiennent ni sucre ni albumine. Elles donnent nettement la réaction de l’urobiline. Pas de pigments biliaires.

Examen du sang :

Globules rouges : 2,278,500 par millimètre cube. Hémoglobine : 6,25 p. 100 avec appareil Malassez. Globules blancs : 10,300 par millimètre cube.

Le pourcentage des éléments blancs donne les chiffres suivants, avec coloration au triacide :

Polynueléaires neutrophiles : 78 p. 100.

Éosinophiles : 0,5 p. 100.

Mononucléaires : 21,5 p. 100.

Log D |: ——

Nous avons trouvé en moyenne un globule rouge à noyau (normoblaste) pour 100 globules blanes. Nous avons rencontré un myélocyte sur 300 éléments nucléés.

Les globules rouges sont en général de diamètre plutôt petit. Anisocytose modérée.

Polychromatophilie assez aceusée.

Les hématies granuleuses recherchées par le procédé vital de Widal avec le bleu de Unna se montrent dans la proportion de plus de 20 p. 100.

La recherche de la résistance globulaire, par le procédé des hématies déplasmatisées, a donné les résultats suivants :

Début de l'hémolyse : dans 0,58 NaCI p. 100.

Hémolyse forte à : 0,42 NaClp. 100.

Hémolyse maxima : 0,34 NaCI p. 100.

La coagulation est normale ainsi que la rétraction du caillot.

Le sérum renferme une petite quantité d'urobiline visible à la lumière d'un bec à incandescence. Pas de pigments biliaires dans le sérum. Albumines coagulables du sérum : 71,4 p. 1,000,

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