O1, DURE
Les urines sont d'ordinaire fortement colorées, davantage le soir qu'au réveil.
Les matières n’ont jamais êté décolorées; quelquefois teinte jaune clair, le plus souvent normale. Constipation habituelle.
Les digestions sont assez bonnes, à condition de surveiller le régime et d’exclure de r'alimentation les mets épicés, les sauces, les graisses surtout, qui provoquent des renvois, des nausées et une sensation de dégoût.
Le malade ne se sent pas très faible. Cependant il présente quelques troubles légers de la vue, qui se troub'e un peu quand il passe rapidement de la station penchée à la station debout.
Il y a neuf ans, il fut soigné pour des troubles dyspeptiques assez vagues — douleurs abdominales assez imprécises, ballonnement et pesanteur épigastrique après les repas — qui persistèrent, plus ou moins accusés, pendant trois ans.
Il y a six ans survinrent quelques douleurs passagères dans l'hypocondre gauche. Douleurs dorsales il y a deux ans.
Depuis quelque temps, pesanteurs ou mêmes sensations plus ou moins douloureuses dans la région splénique, mais sans irradiation aucune ni à l'épigastre, ni dans le dos, ni dans la région hépatique. Iln'a jamais subi, comme son frère Joanny ou sa sœur Aurélie, de vraies crises douloureuses abdominales.
Pas d’alcoolisme, Aucune affection vénérienne.
L'examen, pratiqué le 11 octobre 1908, révèle un ictère net, mais pas très foncé, de teinte citron clair. Il n'existe pas de traces de grattage. Pas de xanthelasme. Pas de bradycardie.
La pointe bat dans le quatrième espace. Petit souflle mésosystolique endopexien. Souflle veineux continu des jugulaires, surtout accusé à droite. Pas de souflle oculaire.
Rien aux poumons.
Le foie ne dépasse pas le rebord costal. La palpation de l'hypocondre droit est absolument indolore.
La rale est très grosse, Elle descend à 3 centimètres au-dessous d'une ligne horizontale passant par l'ombilie. On perçoittrès bien à la palpation les incisures de son bord antérieur. Elle est dure, mais n'est pas sensible; elle garnit tout le flanc
gauche, Verticalement, elle donne une matité de 14 centimètres de hauteur sur 12 centimètres de largeur environ.
Rien d'anormal aux autres organes.
Les wrines émises peu après le repas sont pâles, mais plus tard 3 ou 4 heures de l'après midi), elles deviennent hautes en couleur. Elles ne renferment ni sucre, ni albumine, ni pigments
biliaires, mais donnent nettement la réaction de l'urobiline avec l’acétate de zinc.
Examens du sang :
Globules rouges : 3,433,200 par millimètre cube. Hémoglobine (avec l'appareil de Malassez) : 7 p. 100. Globules blancs : 9,300.
L'examen des lames donne pour les globules blanes le pourcentage suivant :
Polynucléaires neutrophiles : 84,5 p. 100.
Éosinophiles : 2 p. 100.
Mononucléaires : 13,5 p. 100.
Nous n'avons vu qu'un seul globule rouge à noyau (normoblaste) sur 250 éléments nucléés. Nous n'avons rencontré aucun myélocyle.
Pas de poikilocytose. L'anisocytose est très modérée. Les hématies ont des dimensions légèrement inférieures à la normale.
Polychromatophilie accusée.
Hématies granuleuses (procédé de Widal, coloration au bleu de Unna) : 14 à 15 p. 100.
La résistance globulaire a élé recherchée par le procédé des hématies déplasmatisées.
Début de l'hémolyse : 0,56 NaCI p. 100. Hémolyse forte : 0,42 NaCI p. 100.
Hémolyse maxima : 0,36 NaCI p. 100.
La coagulation et la rétraction du caillot s'effectuent normalement.
Le sérum est beaucoup plus coloré que normalement, cependant la réaction de Gmelin n’a pas été très nette. On trouve des traces très faibles d'urobiline visible seulement à l'éclairage intensif à la lampe à are. Albumine coagulable du sérum : 73,8 p.1,000 (Morel).
Le pouvoir hémolytique du sérum n'a pas été recherché.