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CONCLUSIONS

LE — L'ancien ictère d'origine sanguine renaît sous une forme nouvelle avec la conception actuelle de l'ictère hémolvtique. Toute question de pathogénie mise à part, est hémolvtique tout ictère qui s'accompagne d'une diminution de la résistance globulaire.

I. — Étiologiquement, il convient d'en distinguer plusieurs variétés :

1° Zetères congénitaur. H s'agit d’une affection souvent, mais non fatalement, héréditaire et famihale ; un ictère familial peut ne pas être hémolvtique pour tous les membres d’une même famille. Le rèle étiologique de l'hérédo-syphilis n'est pas démontré.

2° Jclères acquis, de causes très diverses : empoisonnements: états infectieux divers, pneumonie, fièvre Lyphoïde, streplococcie, paludisme, ankylostomiase ; élats anémiques: cirrhoses hépatiques: état de grossesse avec albuminurie, svphilis secondaire. Mais tous les ictères reconnaissant lun ou l'autre de ces facteurs éliologiques ne sont pas forcément hémolvtiques.

3° Jctères des nouveau-nés. WW S'agit de Fietère décrit

jusqu'à ce Jour sous lappellation d'ietère idiopathique.

HE. -— Cliniquement, lictère hémolyüque se traduit

par un iclère d'intensité variable, sans décoloration des

fèces, ni présence de pigments biliaires dans les urines: l’urobilinurie est presque de règle. Tout signe d’intoxication biliaire fait défaut.

On note une hépalomégalie légère, une splénomégalie de degré variable mais constante.

L'état anémique se révèle par la diminution du nombre des globules rouges et de la valeur globulaire. Amnisocytose. Polychromatophilie. Réaction médullaire ébauchée. La diminution de la résistance globulaire est le signe essentiel; on la retrouve soit avec le sang total, soit avec les hématies déplasmatisées. Les hématies granuleuses existent en une proportion souvent très forte. Le sérum ictérique renferme des pigments, mais non des sels biliaires; 11 ne possède aucun pouvoir hémolytique particulier.

1° L'ICTÈRE CONGÉNITAL à pour signes hématiques spéciaux : la microcythémie et l’absence d’autoagglulination des globules rouges. L'évolution est généralement très longue, l'affection bien tolérée; suivant l'expression heureuse de Chauffard, «il s'agit d’ictériques plus que de malades ». Cependant les paroxysmes douloureux abdominaux sont plus fréquents et plus importants que ne l'indiquent les auteurs.

2° LES ICTÈRES ACQUIS S'accompagnent habituellement d'une splénomégalie plus accusée, de douleurs plus vives, d'un état général assez souvent mauvais. L'autoagglutination des hémalies déplasmatisées du malade par son propre sérum, où phénomène de Widal, est un signe de première valeur. Généralement le diamètre moyen des hémalies est accru.

Comme variétés cliniques, il y a lieu d'envisager :

a) Formes aiguës (paludisme, pneumonie, ictère des nouveau-nés, elc.):

b) Formes subaiqués à :

type ictère catarrhal, Lype ictère calarrhal prolongé pléiochronique, type ictère infectieux à rechute:

c) Formes chroniques usuelles :

d) Forme anémie pernicieuse (Chauffard) :

e) Forme ictère grave (Roque et J. Chaler), avec hémorragies profuses.

Ces deux dernières formes, bien que très sérieuses, sont susceptibles de guérison.

L'ictère acquis présente souvent dans son évolution des poussées successives: 1l peut comporter des rémissions parfois de très longue durée, quelquefois même une guérison complète.

Le pronostic, des plus variables, dépend de la forme clinique observée et de l’état fonctionnel et anatomique des divers organes, notamment du foie.

IV. — Un ictère chronique, acholurique, lié à une splénomégalie plus où moins marquée, doit éveiller l’idée de sa nature hémolytique possible.

Les hématies granuleuses en grand nombre rendent probable mais non certain ce diagnostic. Elles existent loujours dans les ictères hémolvytiques, mais peuvent parfois se montrer indépendamment d'eux.

La fragilité globulaire constitue le signe essentiel, capital, el reste la pierre angulaire du diagnostic.

On ne devra pas confondre les ictères hémolytiques

Re

avec les ictères hémolysiniques, dans le cadre desquels rentrenteertains ictères chloroformiques; avec les ictères

-hémoglobinhémiques et méthémoglobinhémiques, les

ictères de l'hémoglobinurie paroxystique.

Tous les ictères congénitaux ne sont pas hémolytiques : certains sont en effet choluriques.

Certains ictères congénilaux acholuriques publiés par les auteurs, antérieurement ou postérieurement à la découverte de Chauffard, étaient sans doute des cas d'ictères hémol\tiques, mais la fragilité globulaire n'a pas été recherchée.

Parfois un ictère chronique acholurique congénital, malgré sa similitude clinique avec lictère hémolytique, ne s'accompagne pas d'une diminution de la résistance globulaire.

L'ictère hémolvtique n’a donc pas une individualité clinique absolue, mais seulement une individualité hématologique.

V.— Il'existe, contrairement à l'opinion des auteurs, des rapports certains entre la cholémie familiale et l'ictère hémolvtique (Cade et J. Chalier). L'ictère hémolvtique, dans certaines de ses formes, n’est que lexagération de la cholémie familiale: 1l en constitue le degré le plus accusé.

On doit aussi établir un rapprochement entre lictère hémolytique et certaines anéinies splénomégaliques.

VI. — Au point de vue analomopathologique, ce qui domine c'est une hypertrophie splénique due à une congestion portant, non sur les sinus, mais sur la pulpe elle-même. On observe fréquemment la surcharge pig-

= he mentaire et parfois la sidérose hépatique et rénale. La moelle osseuse est en état de reviviscence.

VII. — Expérimentalement, on peut reproduire lictère hémolytique, notamment avec la toluylène-diamine. Mais des expériences faites par les auteurs ou personnelles ne se dégage aucune donnée permettant d'éclairer la pathogénte de l'affection.

Cette pathogénie reste encore obscure. Rien ne permet, à l'heure actuelle, d'affirmer le siège exact, ni la cause de fa fragilité globulaire. Le rôle de la rate est-il primordial, cet organe interviental activement dans la destruction des hématies, ou bien son hypertrophie n'est-elle que la conséquence de cette globulolvse ? Rien n'autorise à donner de ces questions une solution définitive. Les théories splénogène et hématogène restent en présence. En tout cas, le rèle du foie, malgré tout indéniable, passe au second plan.

VI. — Le traitement consiste dans l'emploi des préparations toniques usuelles, à base d'arsenie et surtout de fer. L'opothérapie médullaire est indiquée. Somme toute, là médication reste encore purement symptomatique. Toute intervention chirurgicale est formellement contre-indiquée.

Vu :

Vu : Le President de la Thèse. Le Doyen, J. TEISSIER.

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