‹ Les Ictère HémolytiquesChapitre 52 sur 53 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Ce chapitre ne mérite pas de longs développements.

Un fait cependant reste bien acquis, mais d'ordre négalif : l'abstention chirurgicale s'unpose absolument. Plusieurs des malades dont l'observation est rapportée plus haut ont subi une opération: leur insistance auprès du médecin, ou plus souvent encore une erreur de diagnostic de ce dernier, ont conduit à une cholécystostomie : la bile s'est écoulée un peu visqueuse, épaisse, par la voie nouvelle qui lui était ouverte, parfois même un calcul mou ou de la boue bihaire ont été extraits: mais aucune modification n'apparait dans lintensité de la jaunisse: les troubles anciens persistent; somme toute, le patient a couru les risques d'une intervention sérieuse, sans en rer aucun profit. L'aventure peut avoir de plus graves conséquences: tel est le cas de celte femme dont Vaquez et Giroux ont publié TFhistoire : obsédée de ne constater aucune amélioration dans son état, souffrant de douleurs violentes el permanentes dans le flanc gauche, elle réclamait une opération: une splénectomie fut pratiquée, la mort survint deux jours plus tard. L'ictère hémolvtique, de par sa nature même, ne comporte aucune indicalion chirurgicale. Médecins et chirurgiens doivent savoir le reconnaitre pour éviter Loute imprudence préjudiciable à leurs malades.

La thérapeutique se limite donc aux moyens purement médicaux et leur efficacité est des plus douteuses, puisque en l'état actuel de nos connaissances elle ne peut se baser sur des données pathogéniques précises. Et tant que l’on n'aura pas découvert le lieu de production de la fragilité globulaire et la cause même de celte fragilité, il sera illusoire de compter sur une médicalion active.

Je dois il est vrai mentionner que Widal, Abrami et Brulé ont essavé une consolidation des hématies de leurs malades, par ladministration du cAlorure de calcuun; était rationnel de fonder quelques espérances sur ce sel, mais les résultats obtenus n'ont pas été encourageants.

Dans quelques cas, lictère hémolvlique acquis, épiphénomène compliquant une maladie antécédente, disparail avec celle-ci sans traitement spécial.

Parfois enfin Ta quinine, Jugulant des accès palustres, fait aussi s'éclipser lictère hémolvtique qui les complique, de même que l'expulsion des ankvlostomes entraine la cessation de lictère hémolytique ankvloslomiasique.

La médication pathogénique faisant en général défaut, on est confiné dans l'empirisme: on en est réduit à traiter les symptômes.

La fragilité globulaire mise à part, l'anémie cons- Ulue le symptôme essentiel de lictère hémolvtique. IH convient de lutter contre elle, d'enraver son évolu- Lion continue.

Chautfard à eu recours à l'arsenie : il lemploya à hautes doses sous forme d’arsénite de potasse en injec-

lions sous-culanées. Il n'en obtint aucun effet, Il eut semblable échec avec l’opothérapie médullaire. L'un de mes malades à pendant plusieurs jours absorbé 50 à 100 grammes de moelle osseuse fraiche de bœuf où de veau, mais 1} la supporta très mal: elle lui oceasionna des troubles digestifs et du dégoût. (obs. [.)

Les préparations ferrugineuses semblent mieux réussir. Dans un de mes cas d'ictère hémolvtique congénital, le protoxalate de fer, à la dose de 0,20 à 0,40 centigr. a incontestablement fait régresser légèrement l'anémie, et amélioré l'état général. Widal, Abrami et Brulé signalent également les bons effets du fer qui relève le nombre des globules rouges et accroît leur teneur en hémoglobine. Tandis que se poursuit cette rétrocession de l'anémie, l’anisocytose, la polyehromatophilie, les hémalies granuleuses persistent, ils constituent d’ailleurs l'une des preuves de la rénovation sanguine, el les éléments myéloides jeunes se retrouvent dans le sang circulant. est intéressant de noter que dans deux cas Widal et ses élèves ont assisté à la disparition graduelle non seulement de Panémie. mais de lictère et de la fragilité globulaire ; et cette guérison semble bien réelle, puisqu'elle persiste depuis plusieurs mois.

Repos et médication ferrugineuse, tels sont donc les agents thérapeutiques à notre disposition. Les résultats obtenus permettent de leur accorder quelque confiance, car ils constituent à tous le moins des adjuvants utiles, indispensables même, à l'effort réparateur el rénova-

teur de l'organisme.

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