‹ Les ictères de l'acide phénylquinoléine carboxyliqueChapitre 11 sur 29 · PRODROMES ET DÉBUT · texte numérisé non relu

PRODROMES ET DÉBUT

Le début de l’ictère est assez souvent brusque. Les trois cas précédents en sont un exemple. Chez le malade de Kingreen (obs. IX), il succède immédiatement à l’exclusion chirurgicale de la vésicule, qui a été pratiquée, nous l’avons vu, après une cholécystographie par la biloptine. chez une jeune femme lithiasique.

Le début est également brusque dans une observation des plus typiques, le 1 cas de De Rezende (obs. X) où la phénylquinoléine provoqua inopinément un ictère qui guérit, mais qui récidiva aussitôt après deux injections du médicament.

D'autre fois, l’ictère s’installe en quelques jours, accompagnés de troubles digestifs : état saburral, anorexie, gêne vague au creux épigastrique, ou même quelques vomissements. Parallèlement, on a signalé de l’asthénie et de la céphalée.

On a signalé aussi des rashs scarlatiniformes ou urticariens au cours du traitement par la phénylquinoléine. Il ne nous semble pas qu’on doive les considérer comme de

véritables prodromes des ictères.

Ces accidents cutanés ou digestifs ne permettent en

aucune manière de préjuger de la plus ou moins grande gravité de la jaunisse qu’ils précèdent ou qu’ils accom-

pagnent. ;

LES ICTÈRES BÉNINS

Sur les 49 observations que nous avons réunies, 21, soit un peu moins de la moitié, concernent des ictères suivis de guérison (1).

En dehors de deux observations atypiques, celle de Glover (obs. XX), où il est question d’un ictère hémolytique, d’ailleurs non démontré, qui serait survenu à la suite de quelques injections de phénylquinoléine salicylée, et de celle de Braun (obs. XXI) qui nous parle d’un ictère accompagné d’une ascite légère guérie en trois mois (?), les relations d’ictères bénins sont toutes très comparables.

Une des plus complète est l’observation 2 de Vajda (obs. XVI). Une femme de 55 ans, souffrant d’un rhumatisme articulaire aigu, reçoit en un mois 30 gr. de phénylquinoléine; brusquement apparaît une JjJaunisse assez intense qui s’accompagne d’un léger prurit et de troubles digestifs : état saburral, anorexie, constipation.

La fièvre fait défaut; le pouls bat à 67. Les urines sont

(1) Nous avons classé arbitrairement dans cet ordre de faits la malade de Schwarz (obs. V), dont nous ignorons la destinée.

foncées et renferment un peu d’albumine; les selles sont décolorées. Le foie est légèrement augmenté de volume; la rate n’est pas perceptible. La guérison se produit au

bout de deux mois et demi environ.

Comme on le voit, cet ictère fut d'assez longue durée.

Il en fut de même dans presque tous les cas.

LES ICTÈRES MORTELS

Les ictères mortels sont un peu plus fréquents que les ictères bénins (28 cas en regard de 21).

Ils peuvent revêtir d'emblée une allure grave, comme chez le malade de Wells, dont la jaunisse s’accompagna

en moins d’une semaine de somnolence et de coma. (Obs. XXIL.)'

Le plus souvent, le tableau clinique est celui d’un ictère banal qui s’aggrave progressivement, sans que rien dans le mode de début ait pu faire prévoir une telle évolution.

Il en fut ainsi, par exemple, pour la malade de Sutton (obs. XXX VI): une jeune femme, souffrant de douleurs articulaires, prend une dose relativement modérée de cinchophène (2 gr. par jour) qu’elle cesse au bout de trois semaines parce qu’elle a des nausées, des vomissements et de la constipation. Peu de temps après, un rash

urticarien fait irruption à la partie supérieure du thorax,

L'état général s'aggrave, et une ascite apparaît peu après l’ictère. La malade meurt un mois après.

Notons en passant que cette femme a présenté une ascite. Ce-cas n’est pas isolé, et nous verrons plus loin le

même syndrome s'associer encore à l’ictère grave.

!. Les ictères graves sans cirrhose

Nous les étudierons d’abord, car ce sont les plus fréquents (85 % des cas mortels).

C’est à dessein que nous nous servons de ce terme vague d'ictère grave : les 22 observations qui en ont été publiées relatent 12 cas d’atrophie jaune aiguë du foie, un cas d’hépatite aigué sans atrophie, 9 autres cas mortels dont le compte rendu nécropsique n’a pas été rapporté.

L'aspect clinique est très variable : la jaunisse est plus ou moins intense; sa durée varie de quelques jours à trois semaines.

Quand les urines ont été examinées, on y a trouvé des pigments biliaires; dans un cas, Wells (obs. XXII) mentionne un peu d’albumine. Les matières avaient gardé leur coloration normale chez le malade de Willcox (obs. XLTIT).

Wells et Hitzenberger (obs. XXXIV) notent que leurs malades sont morts dans le coma après avoir présenté des convulsions.

« Il est regrettable qu'aucune des observations étran-

gères ne fasse mention de l’azotémie. » (Mouzon.)

Quant aux lésions anatomiques observées, elles sont très brièvement décrites par Lowenthal, Mackay et Lowe (obs. XXV):

Le foie est petit, mou, pesant 26 onces (800 gr.). La surface de la coupe est de couleur jaune d’ocre avec de petites aires rougeâtres.

Les reins sont d’aspect normal, mais mous.

Histologiquement : nécrose marquée du tissu hépatique avec infiltration à cellules rondes, image typique d’atrophie jaune aiguë du foie.

Dégénérescence marquée de l’épithélium des tubes

rénaux avec aspect de néphrite subaiguë.

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