‹ Les ictères de l'acide phénylquinoléine carboxyliqueChapitre 19 sur 29 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Prophylaxie des ictères quinoléiques

La prophylaxie des ictères quinoléiques réside unique

ment dans la manière d’administrer la phénylquinoléine.

1. Chez les goutteux et les rhumatisants aigus ou chroniques.

Tous.les auteurs sont d'accord pour déconseiller l’emploi de ce médicament chez les malades trop âgés ou dont les reins ou le foie sont plus ou moins tarés, ce qui est si fréquent chez les goutteux ou les vieux rhumatisants chroniques.

Nous n’irons pas si loin, et nous persons qu’à la condition de suivre quelques règles très simples dans la prescription de la phénylquinoléine, on ne risque pas d’accidents graves. La méthode proposée par Graham nous semble tout indiquée : la drogue ne doit pas être donnée plus de quatre jours de suite avec des intervalles de moins de quatre jours entre les séries. Il vaut mieux ne pas dépasser la dose quotidienne de 1 gramme ou 1 gr. 50

en deux ou trois prises.

On recommande généralement de prendre en même temps que la phénylquinoléine, une grande quantité d’eau alcaline. Cette précaution a pour but, nous dit-on, d'augmenter la réserve alcaline de l'organisme et d’empêcher ainsi la précipitation de l'acide urique que le médicament mobiliserait.

Bien entendu, si des signes d’intolérance apparaissent, il est préférable de cesser le traitement, ou tout au moins de diminuer les doses, quitte à le reprendre plus tard.

Enfin, on ne serait trop recommander aux malades de ne point prendre de phénylquinoléine sans avis médical. Hench ne nous parle-t-il pas de deux rhumatisants qui prennent l’un depuis quinze ans, l’autre depuis dix-huit ans, des doses quotidiennes de 2 gr. 50 et 6 gr. de phénylquinoléine ? Ils n’ont jamais eu le moindre ictère. Ce

n’est pas une raison pour qu'ils servent d'exemple. 2. Chez les hépatiques.

a) Pour la cholécystographie.

Nous n’insisterons pas sur la façon d’administrer la biloptine pour radiographier la vésicule biliaire. Cette technique a fait l’objet d'une importante discussion des médecins viennois en 1927. La biloptine est très déconsidérée. Peu de médecins l’emploient encore. Pribram lui-

même, l’instigateur de ce procédé, ne donne plus la bilop-

tine qu’à la dose faible de 1 gr. ou 2 gr., alors qu’on en prescrivait 5 gr. au début de son emploi.

b) Chez les ictériques.

Enfin, lorsqu'on veut abréger la durée d’un ictère catarrhal ou d’ün ictère lithiasique en prescrivant aux malades un cholérétique, il faut savoir que la phénylquinoléine ne doit pas être donnée par voie veineuse. Il est préférable de l’administrer par la bouche, à la dose de 1 gr. en vingt-quatre heures, pendant trois ou quatre jours consécutifs, quitte à alterner son emploi avec celui des extraits de feuilles d’artichaut, voire avec l’usage des sels biliaires.

Nous avons vu souvent appliquer cette méthode dans le service de M. Chabrol; bien souvent d’heureuses coïncidences ont plaidé en faveur de cette thérapeutique. Nous n’avons pas le souvenir qu’elle ait jamais provoqué

d'incidents.

Observations

Ictères Bénins

OBSERVATION I (Worsrer Droucur)

Un homme âgé de 59 ans, qui a souffert à plusieurs reprises de manifestation de la goutte depuis une vingtaine d'années, commence à prendre 7 grains 1/2 (© gr. 50) de phényiquinoléine trois fois par jour.

Au bout de douze jours il fait une éruption d'urticaire et cesse de prendre le médicament. Trois semaines plus tard, l’urticaire ayant disparu, il prend une nouvelle dose de 7 grains 1/2. Le lendemain lurticaire reparaît avec un prurit intense, et, bien que le malade abandonne la phénylquinoléine, l’urticaire persiste, des troubles digestifs surviennent, et, au bout de dix jours, le malade commence un ictèére d'importance moyenne, sans augmentation de volume du foie et sans douleurs.

L’ictère persista plusieurs semaines,

Dre d ET) 22 OBSERVATION II. -— Cas 1 DE KLINKERT

Une femme souffrant de polyarthrite subaiguë a d’abord été traitée par 15 injections de phénylquinoléine et salicylate de soude associés (5 cm3 par jour), puis, pendant un mois, elle a pris trois tablettes (de 0 gr. 30 ou Ü gr. 50) de phénylquinoléine par jour.

De légers troubles gastriques l'ont amenée à cesser le médicament pendant quelques jours, puis elle l’a repris à la dose de deux tablettes par jour pendant un mois environ. Elle a absorbé ainsi 160 tablettes en tout.

ile ressentit alors un malaise général avec anorexte. Un médecin trouva un peu d'ictère et une augmentation de volume du foie. Cet organe dépassait de 5 em. le rebord costal.

Les urines contenaient des pigments biliaires, les selles étaient normaiement colorées. La rate était normale. La patiente n’avait pas de fièvre.

Consulté sur l’origine de cet ictère, l’auteur le rapporte à la phénylquinoléine carboxylée pour les raisons suivantes :

1° L'ictère est apparu après l'emploi prolongé de phénylquinoléine ;

2° Il n’est pas en rapport avec le rhumatisme subaigu, ‘ar l’absence de fièvre et de splénomégalie vont à l’en-

contre de l’hypothèse d’une cause infectieuse :

= Si —

3° D'autre part, au début de l’ictère catarrhal, les selles

sont décolorées.

OBSERVATION III. = Cas 2 DE KLINKERT

Un homme de 60 ans, de forte constitution, a commencé, au mois d'août 1925, une polyarthrite aiguë qui l’obligea à rester alité jusqu’en décembre 1925. Il a pris longtemps de fortes doses de salicylate de soude, car, dès qu'il essayait de cesser ce médicament, sa température remontait. En décembre, il put diminuer la dose jusqu’à 2 gr., et, du début de Jjanvie - au 15 février 1926, il n’absorba aucun remède.

A ce moment, son médecin lui prescrivit de la phénylquinoléine : 4 tablettes par jour, 4 jours de suite ; cesser dix jours, et reprendre.

Le 22 mai, le malade fait, brusquement, sans douleurs, un ictére aigu. En réalité, & n'avait pas suivi la prescription et avait pris, sans interruption, 160 tablettes de phényiquinoléine.

Le 26 mai, à l’examen : ictère assez accentué, foie augmenté de volume, à bord arrondi, lisse, à peine sensible à la pression. La zone vésiculaire n’est pas douloureuse, et la vésicule non augmentée de volume. Pas de fièvre, pas d’amaigrissement, pas de grosse rate.

Urines très foncées, contenant du pigment biliaire,

selles très peu décolorées.

Le 5 juin, l’ictère n’a pas changé, mais les selles sont décolorées. Pas de météorisme ni d’ascite. Wassermann négatif.

Le 15 juin, les selles se recolorent un peu.

Vers le 15 août, l’ictère disparut, et la guérison fut complète. L’ictère avait duré trois mois en tout.

Il faut, dit l’auteur, écarter l’idée d’une tumeur maligne, et aussi, avec beaucoup de probabilité, un calcul du cholédoque,: car l’ictère ne s’est accompagné d'aucune douleur, et l’'anamnèse ne révèle aucune colique hépatique ou douleur épigastrique. L'hypothèse d’une cause infectieuse est aussi insoutenable. Îl s’agit donc bien d’une

hépatite toxique.

OBSERVATION IV. Cas 2 DE HITZENBERGER

Un homme de 60 ans reçoit une dose de 5 grammes de biloptine (diiodephénylquinoléine). Il fait un ictére avec malaises, anorexie, vomissements, mais il en guérit au bout de dix jours. 1! avait une tumeur de l'hypochondre

droit, probablement vésiculaire.

OBSERVATION V (ScHwarz)

Schwarz a utilisé la biloptine comme substance opaque aux rayons X dans 24 cas, sans aucune conséquence

fâcheuse. Il a cependant eu un cas sérieux : une femme

de 30 ans, nerveuse, qui a eu auparavant un spasme pylorique et sigmoidien, se plaint d’une douleur de l'hypochondre -droit faisant penser à uner affection vésiculaire.

Pour mettre en évidence la vésicule, on lui donne 5 grammes de biloptineé dans du lait. La radiographie, faite le lendemain, ne montre rien d’anormal.

Ce jour-là la malade se plaint d’un léger malaise, et, le lendemain, apparaît un léger ictère, avec anorexie et nausées.

Le tableau clinique s'aggrave au point que toute alimentation per os devient impossible et que l’on doit recourir au goutte à goutte rectal glucosé.

Au moment de la communication, le pronostic s’est encore aggravé.

Schwarz ne veut pas discréditer l’emploi de la biloptine et pense qu’il s’agit sans doute dans ce cas d’une hypersensibilité du fois. Pour lui, si on avait donné à une

telle malade du salvarsan, elle aurait fait un ictère grave. OBSERVATION VI (HAUDEK)

Un jeune médecin, après une prise unique de bilopfine, présente un ictère accompagné de vomissements. Au bout de quatre semaines, l'amélioration est nette, mais l’ictère, quoique moins intense, n’a pas disparu.

Haudek pense que la tétraïiodophénolphtaléine est bien

préférable à la biloptine, et que les cas douteux observés

obligent à ‘renoncer à l’emploi de ce dernier médicament.

Cas VII Er VIII (PRIBRAM)

Pribram, qui, le premier, a utilisé la biloptine, a vu deux cas d’ictère léger, et a remarqué que l’on pouvait obtenir des radiographies satisfaisantes avec une dose inférieure à 5 grammes. La dose de 1 gramme est en général suffisante. Même chez les obèses, il ne faut pas,

dépasser 2 ou 3 grammes.

OBSERVATION IX (KINGREEN)

Après avoir donné 25 fois de la biloptine, cet auteur a eu un cas d’ictère : une femme de 31 ans entre à la clinique pour des coliques vésiculaires typiques qu'elle avait depuis deux ans. Elle ne sait pas si elle a jamais eu d’ictère.

A l'examen: bon état général. Poumons et cœur normaux. Le foie déborde de trois travers de doigt le rebord costal, et l’on palpe une vésicule un peu grosse et douloureuse.

Température normale. Leucocytose: 11.000. Urines un peu albumineuses, ne contenant pas de sucre ni de pig-

ments biliaires,

Le diagnostic clinique est celui de cholélithiase et cholécystite subaiguë.

Le soir du 22 février 1927, on fait à la malade une injection de 1 gramme d’hypophysine et on lui adminisirepo grammes de biloptine.

Le lendemain, la radio montre une vésicule incomplétement remplie. On opère le même jour avec anesthésie à l’éther.

La vésicule, grosse et un peu congestionnée, est entou- : rée de quelques adhérences. Le cholédoque est un peu gros. On fait une exclusion de la vésicule, et on draine.

On trouve dans la vésicule quatre gros calculs de pig- - ment biliaire et trente petits.

Le 24 février, dans l’après-midi, la température monte à 40° ; un début d’ictère apparaît, accompagné de vomissements bülieux, mais sans douleurs.

Le 25 février, l’ictère progresse, la température est à 3995, le foie est mou ; la malade ne souffre pas.

Le 26, l’ictère est bronzé ; les selles sont normalement colorées. La malade a un peu de collapsus cardiaque dans laprès-midi. Elle n’a pas de coliques, même pas après une injection intra musculaire de 2 cm3 d’hypophysine.

Le 27, l’ictère est encore plus accentué; la malade est un peu agitée; la plaie est normale; les urines sont légèrement albumineuses et laissent déposer un sédiment de

cylindres granuleux et d’érythrocytes.

Le 28, l’état général s’améliore légèrement. Les selles sont toujours normalement colorées, mais la jaunisse est toujours accentuée.

Les jours pe l’ictère cède peu à peu ; il ne se produit aucune crise douloureuse ; la plaie guérit normalement.

Le 19 mars, la malade quitte la clinique, avec encore un peu d'ictère.

Pour l’auteur, il s'agissait d’abord d’un calcul du cholédoque, mais le manque de douleurs, la coloration normale des selles, et l'absence de réaction à l’hypophysine infirment complètement cette hypothèse.

Ce n’était pas une simple polycholie, mais bien une intoxication hépatique.

Il faut s'abstenir de biloptine, ou tout au moins n'y

recourir qu'avec prudence.

OBSERVATION X. — Cas 1 DE DE REZENDE

Une femme de 54 ans vient consulter avec un ictère dont Ie début remonte à quelques jours. Cette jaunisse a l'aspect d'un iclère par obstruction: coloration jaune de la peau et des conjonctives, pigments biliairies dans les urines et matières décolorées.

Quelque temps auparavant, souffrant de rhumatismes,

cllea pris deux ou trois tubes de phénylquinoléine. Les

douleurs rhumatismales disparurent, mais l’ictère survint.

L'auteur pose le diagnostic d’ictère catarrhal, et donné un régime : « Soit par l’action de ce traitement, soit par lés ressources naturelles de l'organisme, au bout d’environ six semaines, la malade se rétablit, et nous eûmes la conviction qu'il s'agissait d’une duodénite catarrhale avec propagation au cholédoque. »

C’est alors qu’il a connaissance des communications des auteurs américains et qu’il commence à soupçonner le rôle de la phénylquinoléine dans létiologie de cet ictère.

Entre temps, {és rhumatismes avaient reparu et un autre médecin avait fait des injections intraveineuses de phénylquinoléine carboxylée associée au salicylate de soude.

A la deuxième injection, l'ictère reparut. On cessa le traitement, et la jaunisse fut moins intense et moins dura-

ble que la première.

OBSERVATION XI. -— Cas 2 DE DE REZENDE

Un malade fait un ictère catarrhal peu après l’ingestion de quelques comprimés de phénylquinoléine. Ici,

l’auteur est moins affirmatif que dans le cas précédent.

OBSERVATION XII -— Cas 3 DE DE REZENDE

Une femme de 52 ans, souffrant d’une sciatique, prend de la phénylquinoléine: d’abord 24 comprimés qui amènent une amélioration ; puis un autre tube de comprimés. Celui-ci achevé, apparaît une forte jaunisse avec urines très chargées et matières décolorées. Guérison.

OBSERVATION XIII. — Cas 1 DE DASSEN

Un homme de 29 ans, atteint de rhumatisme articulaire aigu, reçoit du salicylate dé soude et du cinchophène. L'amélioration est graduelle, et le malade guérit en vingt jours. Mais à ce moment on remarque que les conjJonctives sont très jaunes, et que le malade fait un ictère sans aucun trouble gastro-intestinal.

L'examen élimine la cirrhose du foie, le kyste hydatique, et la syphilis hépatique. La seule cause possible de l’ictère est le cinchophène. Ce malade guérit assez rapidement.

OBSERVATION XIV. Cas 2 DE DASSEN

Un malade avait une hépatite toxique mercurielle avec un ictère très marqué. L’injection intraveineuse de phénylquinoléine carboxylée et salicylate de soude fit apparaître des signes cliniques très alarmants. Toutefois, la guérison survint peu à peu, et fut complète au bout de trois mois.

OBSERVATION XV. -— Cas 1 DE VAJDA

Un homme de 66 ans a souffert pendant une longue période de, douleurs dans les membres inférdeurs avec œdème des malléoles.

En août 1929, des douleurs analogues prennent la main gauche, et, trois mois après, la main droite. Le médecin traitant prescrit, vers le 15 novembre. deux ou trois tablettes de phénylquinoléine par jour. Le malade prend envi- - ron 60 tablettes en tout.

Le 25 décembre 1929 apparaissent brusquement de l’anorexie, des vomissements, des douleurs dans la région hépatique, et in ictère qui s’accentue peu à peu. Les selles sont normalement colorées.

L’auteur voit le malade le 22 février : bon état général, peau et.conjonctives franchement jaunes, langue saburrale.

On ne peut pas palper le foie, mais la région est un peu sensible. On ne perçoit pas la rate.

Les urines sont diminuées de volume (800 gr.), foncées. Elles ne contiennent pas d’albumine, mais, dans le culot de centrifugation, on note de nombreux amas de globules

blancs et rouges, avec quelques cellules épithéliales. Le Wassermann est négatif.

On met le malade à un régime hydrocarboné, et, peu

io

à peu, l’ictère diminue, et les urines deviennent plus abondantes.

Le 5 avril, le malade sort de l'hôpital presque comple-

tement guéri.

OBSERVATION XVI. - Cas 2 DE VAJDA

Une femme de 55 ans, jusque-là en bonne santé, fait brusquement, le 15 novembre 1929, des rhumatismes articulaires. Le médecin traitant prescrit le repos au lit, des compresses chaudes, et deux ou trois tablettes de phénylquinoléine par jour. Au bout de trois semaines de ce traitement, la malade se lève, mais elle continue la phénylquinoléine jusqu'à la fin de décembre 1929. La dose totale était de 59 tablettes, quand, brusquement, la malade commence une jaunisse accompagnée d'anorexie. Les selles sont décolorées, et les urines foncées.

Le médecin fait cesser le traitement et prescrit la cure de Carlsbad. L’ictère persiste cependant, et il s'y joint alors de la constipation et une douleur intense dans l'épaule droite. Aussi la malade est-elle conduite dans une clinique chirurgicale avec le diagnostic de lithiase vésiculaire.

Là, on pense à la possibilité d’une cholécystite, et l’auteur est appelé en consultation. Il trouve, lors de son examen (fin février 1930), un ictère accentué de la peau et

des muqueuses. La malade se plaint d’un léger prurit. La

ON

langue est un peu saburrale. Poumons normaux. Cœur : léger souffle systolique de la pointe. Pouls à 67.

Le foie est légèrement augmenté de volume; on palpe difficilement son bord inférieur. La rate n’est pas perceptible. ,

Les urines contiennent un peu d’albumine, des traces d’acétone, un peu de bilirubine, mais pas de sucre ni de sang. On trouve dans le culot de centrifugation quelques leucocytes et quelques cellules épithéliales, avec de rares cylindres hyalins.

On prescrit un régime hydrocarboné, et on fait deux fois par jour 5 unités cliniques d’insuline.

La malade quitte la clinique le 26 mars, ne souffrant plus, avec une jaunisse très diminuée et une diurèse abondante.”

L'auteur est convaincu que l’ictère était bien dû à la phénylquinoléine. Ce n’est, dit-il, que grâce à la prudence du chirurgien qu’une cholécystectomie a pu être évitée à

la malade.

OBSERVATION XVII. -— Cas 1 DE RABINOWITZ

Une femme de 37 ans souffre depuis quatre ans de douleurs dans les chevilles. Elle a subi autrefois une hystérectomie pour fibromes, après une grossesse. Comme

son métabolisme basal est un peu diminué, on lui donne

sep

à la fois trois centigrammes d’extrait thyroïdien et 0 gr. #9 de cinchophène trois fois par jour.

Au bout de deux mois ce traitement n’a produit aucun résultat. On le continue en augmentant la dose d'extrait thyroïdien (0 gr. 04).

Dix jours après apparaît un icfère avec prurit et urines foncées. Le foie est un peu gros; la rate n’est pas perceptible. Une cholécystographie ne montre rien de particulier.

Grâce au régime hydrocarboné, l’ictère et la spléno-

mégalie disparaissent en deux mois environ.

OBSERVATION XVIII. -— Cas 2 DE RABINOWITZ

Il s’agit d’une femme de 31 ans, ancienne asthmatique, qui a été traitée par des injections désensibilisantes. Elle présente une affection respiratoire fébrile qui est suivie de douleurs dans le dos et les épaulés.

On lui donne trois fois par jour une tablette de 0 gr. 50 de phénylquinoléine. Au total, elle prend vingt tablettes.

Dans les jours qui suivent, apparaît une asthénie mar- . quée, puis, au bout de quinze jours, un ictère avec urines foncées contenant des traces de sucre. Il n’y a pas de fièvre.

Le bord inférieur du foie dépasse de 4 cm. les fausses

côtes.

su Un

L'ictère et le prurit s’accentuent. Les selles sont décolorées, mais contiennent de temps en temps néanmoins quelques pigments biliaires. On trouve également des pigments dans les urines.

L'épreuve de l'insuffisance hépatique à la tétrachlorophénolphtaléine est positive. Le Wassermann est négatif.

Après injection d’une substance colorante, on ne peut pas voir la vésicule.

On s’aperçoit alors de ce que la femme commence une grossesse, et, à cause de son état hépatique, on provoque

l’avortement (?). Guérison en 7 semaines.

OBSERVATION XIX. - Cas 6 DE RABINOWITZ

Une femme de 45 ans, qui a eu de nombreuses infections légères des voies respiratoires et des voies génitales au cours de son existence, souffre un jour de douléurs articulaires. Elle prend des tablettes de weldona (cinchophène, poudre de cascara, et carbonate de magnésie). Elle cesse cette médication à cause de l’apparition d’une certaine courbature, mais la reprend au bout de quinze jours, à la dose de 6 tablettes dans la journée. Le lendemain, la courbature reprend, des douleurs épigastriques surviennent, et la malade fait un ictère avec pigments biliaires dans les urines et matières un peu décolorées. Pas de fièvre. Le foie est mou, mais non augmenté

de volume. Rien à la cholécystographie. Guérison.

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