CHAPITRE PREMIER
Historique
Une des principales propriétés de la phénylquinoléine carboxylée est son action sur le métabolisme des corps puriques : elle provoque une élimination d’acide urique, comme l’ont bien montré Dohrn et Nicolaïer dans leurs expériences de 1904.
La première application clinique de ce médicament a été faite chez des rhumatisants et des goutteux par Tchernikoff et Magat en 1910.
Vint ensuite l'emploi de la phénylquinoléine comme
agent anti-infectieux dans le rumatisme articulaire aigu à la suite des recherches de Starkenstein et Wiechowski
C’est beaucoup plus tard, en 1924, que Brugsch et Horsters publièrent leurs expériences démontrant l’action remarquable de l’acide phénylquinoléine carboxylique sur la sécrétion hépatique de la bile. Ce corps agit comme un cholérétique véritable sur la cellule hépa-
tique elle-même, nous disent les physiologistes allemands.
Ce n’est pas un cholagogue banal, en ce sens que son action s'exerce au delà des voies biliaires extra-hépatiques.
Brugsch et Horsters proposent de l’employer dans le traitement des ictères, et c’est sous leur inspiration que Grünenberg et Ullmann en font immédiatement l’application clinique sous le contrôle du tubage duodénal.
Curieuse coïncidence, un an auparavant, ep 1925. Worster Drought avait publié en Angleterre la première observation d’une jaunisse survenue chez un malade goutteux à la suite d’une cure quinoléique.
En 1922, le danois Schrœder avait même noté quelques ictères fugaces dans les 70 observations, qu'il avait rapportées, de malades intoiérants à la phénylquinoléine.
Les observations d’ictère devaient se multiplier par la suite.
En 1926, plusieurs auteurs anglais, Langdon Brown, Glover, Willcox, Wells, mettent sur le compte de la phénylquinoléine des jaunisses mortelles. En Allemagne et en Autriche, Klinkert, Hitzenberger, Schwarz (1927), en Amérique, Rake et Sutton (1928), apportent le contingent de leurs relations personnelles, si bien qu’en octobre 1930 Rabinowitz peut faire état d’une quarantaine de faits anatomo-cliniques dans sa revue générale, tandis qu’en France M. Mouzon nous les fait connaître dans son article de la Presse Médicale.