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En laissant tomber dans chaque tube une goutte d'hématies déplasmatisées on remet donc celles-ci au contact de leur propre sérum etleur résistance doit rester la même que celle du sang total.
C'est, en effet, ce que l’on observe.
Ainsi avec V... : Résistance du sang total H1 — 0,50, H2 = 0,40.
Résistance des globules rouges reçus dans l’oxalate et isolés du plasma : H1 — 0,58, H2 == 0,50.
Résistance effectuée en ajoutant dans chaque petit tube une goutte d’hématies déplasmatisées et 2 gouttes de sérum : H1 = 0,48, H2 — 0,46.
La quantité de sérum ajoutée doit être assez forte ; en effet, si l’on n’ajoute qu'une goutte par tube au lieu de deux ona Ht = 0,52, H2 — 0,46:
On peut même chercher à préciser à peu près exactement la quantité de sérum qu'il est nécessaire de laisser au contact des globules pour qu'ils ne se fragilisent pas.
Ainsi pour V.. , dont le sang total contient une partie de globules pour deux parties de sérum, si nous effectuons arliliciellement un mélange contenant seulement pour 4 parties de globules rouges, une partie de sérum, c’est-à:
dire une quantité 8 fois moindre que dans le sang circulant, la fragilisation des globules persiste et l'hémolyse apparait à 0,58.
Une quantité minime de plasma et de sérum restant au contact des globules est donc insuffisante pour masquer la diminution de résistance que cause la déplasmatisation. Et ceci explique ce fait que nous avons reconnu pratiquement l'inutilité de laver les globules pour mettre en évidence leur fragilité.
Au début de nos recherches, en effet, nous cherchions à obtenir des globules complètement séparés du plasma ; le sang recueilli dans le liquide anticoagulant ayant été centrifugé le plasma surnageant était décanté, cet le culot globulaire lavé au Nal à 90/00. Après une nouvelle centrifugation, celte première eau de lavage était remplacée par une autre. Nous effectuions 2 ou 3 lavages, mais la résistance des globules ne s'abaissait pas plus qu'après une simple centrifugalion qui nous permettait de décanter la plus grande partie du plasma.
Les propriétés antihémolytiques du sérum des ictères par fragilité globulaire, étant mises hors de doute par ces expériences, il fallait se demander s'il s'agissait bien d'une propriété spécifique du sérum de ces malades. Il était possible que l'organisme tende à lutter par la création d'antihémolysines contre la fragilité globulaire qui semble la base de cette maladie et que le globule rouge ne paraisse hyporésistant que lorsqu il était séparé de son propre sérum.
Mais plusieurs expériences viennent nous prouver qu'il ne s’agit pas d'un pouvoir propre au sérum de ces malades, et qu'il est impossible de parler d'antihémolysines spécifiques.
Nous pouvons, en effet, en répétant les expériences précédentes, ramener à la normale la résistance des globules déplasmatisées sans les mettre au contact de leur propre Sérum.
Tout d’abord, un chauffage, mème prolongé à 56 degrés, ne suffit pas à faire perdre au sérum du malade ses propriétés rénovatrices.
Bien plus. le sérum pour empêcher l’hémolyse n'a pas besoin de provenir du malade, ni même d’un autre ictère hémolylique. Nous avons pu rendre à nouveau normale, la résistance d’hématies fragilisées par déplasmatisation, en les mettant au contact d’un sérum quelconque — sérum d’ictère non hémolytique — (ictère catarrhal) sérum de sujets sains, Que ces sérums aient été chauffés ou non (1}.
Les sérums d'animaux, mème, jouissent de semblables propriétés antihémolytiques : sérum de lapin, sérum de cheval,
Le contact d'un sérum chauffé et même d’un sérum hétérogène, étant suffisant pour empêcher l'apparition de la fragilité près déplasmatisation, on devait penser que ces sérums, mis en présence des globules rouges, n'intervenaient que de façon {oute physique dans les phénomènes d'hémolyse, et qu'il existait dans {out sérum une substance antihémolytique nullement spécifique, dont nous avons cherché à préciser la nature À
Nous avons, à cet effet, dans de nombreuses expériences, cherché à augmenter de nouveau la résistance d'hématies, fragilisées par la déplasmatisation, en ajoutant aux solutions salines, de petites quantités de différentes substances, dont la présence normale dans le sérum est bien établie.
Nous avons expérimenté ainsi l'action antihémolytique des a/bumines et des savons en solutions très diluées : ces deux corps nous ont paru reculer plus ou moins le début de l’'hémolyse, mais sans qu'aucun agisse de façon assez constante pour que l'on puisse Lirer des conclusions précises de ces recherches. La cholestérine nous a paru, dans de semblables expériences, être dépourvue de toute action antihémolytique.
1. Ces expériences ont été reprises et vérifiées par M. CHaur- FARD, puis par M. Karl RITTER v. STEJSKAL.
FRAGILITÉ GLOBULAIRE DES ICTÈRES HÉMOLYTIQUES 69
Résumé. — De ces différentes expériences, il semble donc résulter que la diminution sensible et constante de la résistance globulaire, que l’on observe au cours des états hémolytiques, lorsque l'on opère non plus avec le sang total, mais avec les hématies isolées, n'est pas un phénomène artificiel et n'est pas dû à une fragilisation des globules pendant les différentes manipulations qu'ils subissent. En réduisant celles-ci à leur minimum, en évitant l'emploi de corps chimiques anticoagulants et en recourant à la simple centrifugation en tubes paraffinés, on obtient exactement la même fragilisation.
La simple soustraction des hématies à leur milieu vital, le plasma, suffit donc à diminuer leur résistance aux solutions salines. Il est même inutile, pour mettre en évidence cette fragilisation, de soustraire -rigoureusement tout le plasma, et, en pratique, il n'est pas nécessaire de laver les hématies mises en expérience. :
Cette hyporésistance des hématies isolées n’est pas due à la présence dans le sérum des malades d'une antihémolysine spécifique. Le sérum garde ses propriétés antihémolysantes après chauffage ; bien plus, les sérums d’autres sujets, des sérums d'animaux retardent le début de l'hémolyse de même façon que le sérum de la malade,
Il semble donc, qu'en déplasmatisant les hématies, on ne les ait fragilisées qu’en les soustrayant d’un milieu de composition physique pärticulière (3).
Fragilité globulaire dans les ictères hémolytiques
Nous avons exposé la technique que nous employons pour effectuer la recherche de la résistance globulaire ; nous avons étudié le procédé des hématies déplasmalisées et nous avons cherché à enpréciser la valeur.