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FRAGILITÉ GLOBULAIRE ET ANÉMIE

C'est, to it d'abord, l'imprécision de nos modes de mesure de la fragilité globulaire : l’étude de la résistance avec le sang total demeure incapable, même auplus fort des iclères acquis, de déceler la fragilité ; celle ci devient évidente avec le procédé des hématies déplasmatisées, mais celte méthode, quoique plus sensible, devient elle aussi impuissante à montrer la fragilité, lorsque l'ictère acquis est déjà un peu amélioré : cependant la déglobulisation persiste encore alors, prouvée par l’ictère et par l'anémie. Il est donc impossible de conclure exactement de la fragilité des hématies ix vitro à leur fragilité dans l'organisme.

D'autre part, de la numéralion globulaire, il nous est impossible aussi de conclure à l'intensité des phénomènes de destruction globulaire, qui se produisent chez les malades ; en effet nous avons déjà insisté sur ce fait que le chiffre des hématies constaté à un moment ne nous représente que l'état d'équilibre de deux forces constamment en lutte : la destruction globulaire et la rénovation sanguine. Qu'à une forte destruction globulaire corresponde une réaction médullaire intense (provoquée, par exémple, par la médicalion ferrugineuse, et le nombre de globules rouges pourra être le même que si à une faible destruction sanguine correspond une faible rénovation.

Au cours de ces ictères le chiffre des érythrocytes ne permet donc de préjuger de l'intensité de la déglobulisation que si on le compare aux signes de rénovalion sanguine. La numération globulaire renseigne en tous cas moins exactement sur la marche du processus globulicide queles symptômes cliniques, tels que l’ictère et aussi sans doute la splénomégalie, qui découlent directement de l’hémolyse.

Fragilité des globules au contact des sérums

et des substances hémolytiques

Cette fragilité toute particulière des hématies au cours de l'ictère hémolytique n'apparait pas seulement quand on les porte au contact des solutions salines kypotoniques, on peut encore la mettre en évidence en milieu isotonique en faisant agir sur les globules des agents divers.

M. Widal a montré avec M. Philibert (1) queles globules de deux ictères hémolytiques congénitaux portés au contact de différents sérums normaux ou pathologiques, étaient hémolysés plus rapidement que des globules témoins, mais que cette hémolyse était inconstante et n’apparaissaitqu'à certains jours.

Nous avons repris les mêmes expériences avec MM. Widal et Abrami (2) chez deux malades atteints d'ictères acquis. Une goutte des globules de ces malades était mise au contact de 30 gouttes de plusieurs sérums de malades du servi-e ; des globules témoins étaient dans les mêmes proportions mis au contact des mêmes sérums ; les tubes étant portés dans l'étuve à 37 degrés, nous notions l'apparition de l'hémolyse après deux ou trois heures ; or, tandis que les globules témoins n'étaient pas hémolysés, les globules des ictériques hémolytiques étaient détruits.

Cette épreuve des sérums n’a pas une valeur absolue ; on sait que certains globules, même normaux, sont hémolysés lorsqu'on les met au contact de certains sérums. C'est là un phénomène relativement rare, que nous n'avons observé que 10 fois sur 324 épreuves pratiques.

Au contraire, l’hémolyse se montrait constante pour les

1. WipaL et Punicmerr. Gazette des hôpitaux, 19 septembre | 2. WipaL, ABRAMI eLBRULÉ. Presse médicale, 19 octobre 1907.

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