‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 101 sur 338 · PIERRE, LIONEL · texte numérisé non relu

PIERRE, LIONEL

PIERRE

Eh}3ien!

LIONEL

Je ne m'en dédis pas, elle est charmante, charmante? J'aime surtout ce beau regard clair et franc qui vous pénètre jusqu'au fond de Tâme et semble vous dire : Faites-en autant.

PIERRE

C'est la femme qu'il te faut.

LIONEL

Pourquoi ne l'épouses-tu pas toi-même?

PIERRE

Je n'y ai jamais pensé.

LIONEL

Penses-y !

PIERBE

Sans compter les différences de fortune et de position, il y a entre nous une sorte d'obstacle naturel. Accoutumée dès l'enfance à me regarder comme un frère, Blanche n'est pour moi qu'une sœur.

LIONEL

Parenté imaginaire qui n'empêche pas l'amour. C'est un idéal qui te suit partout. Tu peins cette belle fille comme tu en parles, d'inspiration. Je reconnais en elle tes deux meilleures figures, la Jeanne d'Arc et la Diana Vernon.

Parce que je ne connais pas un plus beau type d'enthousiasme et de loyauté ; mais si j'étais amoureux d'elle, te conseillerais-je de l'épouser? A ma place, en pareil cas, l'aurais-tu fait? Réponds.

LIONEL

Je n'ai rien à répondre.

PIERRE

A la bonne heure!

LIONEL

Mais Sidonieî Comment faire pour m'en débarrasser?

PIERRE

Ce n'est pas moi qu'il faut consuljter là-dessus. Je n'ai pas l'honneur d'être homme à bonnes fortunes. (La porte (le gauche s'ouvre et Richard paraît sur le seuil, fourrant des billets de banque dans son portefeuille.) Adresse-toi plutôt à ton cousin, passé maître en ces matières. Une fois par hasard, il pourra te donner un bon conseil.

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