ACTE II
SIDONIE
Qu'allcz-vous faire ?
RICHARD
Me brûler la cervelle.
SIDONIE
Comme ça, tout de suite?
Dès que j'aurai mis ordre à mes affaires.
SIDONIE
A la bonne heure! Ce délai donnera le temps à vos amis de combattre une aussi funeste résolution.
RICHARD
Rien ne saurait m'en détourner, madame. Après un tel malheur, on n'a plus qu'à mourir.
SIDONIE, riant aux éclats.
Ah ça! monsieur le duc, à qui en avez-vous avec vos lamentations? Serait-ce à moi, par hasard?
RICHARD
Comment?
SIDONIE
Est-ce pour me faire la cour que vous cherchez à m'attendrir?
RICHARD
Madame, si quelque chose pouvait me consoler de mon infortune, ce serait certainement le bonheur de vous plaire; mais je n'en ai ni l'espérance, ni le droit. Je connais mes devoirs envers la famille et l'amitié.
SIDONIE
Je ne vous savais pas si vertueux, et je m'empresserai d'en faire part à beaucoup de gens qui seront bien aise de l'apprendre.
RICHARD
Que m'importe ma réputation? Il est trop tard pour s'en occuper.
Est-ce que vous allez continuer longtemps sur ce ton-là?
RICHARD
Je vous ennuie?
SIDONIE
Vous m'agacez.
RICHARD
Le malheur est toujours importun.
SIDONIE
Eh ! comment croire au désespoir d'un homme qui vient au bal avant de se brûler la cervelle?
RICHARD
Quoique ce bal soit le vôtre, madame, ce n'est pas pour mon plaisir que je suis venu.
SIDONIE
Pourquoi donc?
RICHARD
Pour accomplir un impérieux devoir.
SIDONIE
Vous m'étonnez de plus en plus.
RICHARD
Je crains de vous étonner encore davantage.
Vraiment?
RICHARD
Mon cousin ..