ACTE II
RICHARD
La riposte est dure, mais juste. Raison do plus pour ne pas se d('Couvrir devant un adversaire aussi redoutable.
SIDONIE
Comment faire alors?
RICHARD
Je ne vois qu'un moyen, c'est un écliange simultané de confidences.
SIDONIE
Nous ne pourrons cependant pas parler tous les deux à la fois.
Non ! mais nous pouvons écrire; vous avez sans doute votre carnet de contredanses, j'ai mon portefeuille ; c'est tout ce qu'il nous faut. Comme on ne voyage plus qu'en chemin de fer, nous indiquerons d'abord la ligne, puis la station, enfin l'endroit précis, le vrai point d'arrivée. Cet arrangement vous convient-il?
SIDONIE
Il est trop ingénieux pour ne pas me convenir. J'écris... (Elle tire de sa poche un petit cariiet.de bal.)
RICHARD, tirant son portefeuille
Un mot encore. Il est bien convenu d'avance, mais là, sérieusement, qu'il n'y aura scandale de part ni d'autre ?
SIDONIE
Cela va sans dire. Il est bien entendu aussi, et de bonne foi, que nous ne dirons à personne de qui nous viennent nos renseignements.
RICHARD
A personne !
SIDONIE, son crayon à la main Y étes-vous?
RICHARD, écrivant
Voici, (il déchire une page de son portefeuille et la remet à Sidonie.)
SIDONIE , remettant à Richard une feuille déchirée de son carnet.
Voilà! (Lisant.) « Chemin de l'Est. » (Parlant) Ce n'est pas précisément la route de l'Amérique.
RICHARD, lisant
w Chemin de l'Est. » (A lui-même) Toujours en Allemagne, pauvre femme!
SIDONIE
Écrivez, écrivons. (Nouvel échange de feuilles déchirées.)
RICHARD, lisant
« Nancy. « Tiens ! .
SIDONIE, lisant
« Nancy. » Comme cela se rencontre!
RICHARD Dépêchons! (Nouvel échange.)
SIDONIE, lisant
» Apremont! »»
RICHARD, lisant « Apremont! »
SIDONIE
Je devine. Lionel va là-bas épouser mademoiselle d'Apremont.