ACTE II
pont sans m'évanouir. Jetez-vous à l'eau de confiance. je m'y précipite après vous; je vous ramène sur le bord saine et sauve, et peut-être la vive impression d'un bain froid, hors de saison, nous ramônera-t-il tous deux à des idées plus raisonnables.
SIDONIE
Décidément, monsieur le duc, vous êtes un hommn d'esprit. Asseyons-nous là et causons.
BICHARD
Avec plaisir, madame.
(Us s'asseoient tous deux sur le canapé.) SIDONIE
Y a-t-il longtemps que vous n'avez vu Pauline do Cliazelet?
RICHARD, se levant brusquement.
Pauline de Chazelet !
SIDONIE
Vous l'aimez encore î...
RICHARD
Qui peut vous faire croire, Madame, que j'aie jamais aimé mademoiselle de Chazelet ?
SIDONIB
Pauline est mon amie d'enfance et m'a raconté toute votre histoire. Quant à vos sentiments présents, aucun doute, en entendant son nom, vous avez pâli, et vous voilà encore debout, tout tremblant. Asseyez-vous donc !
RICHARD, se rasseyant.
Eh bien, madame, puisque vous la connaissez, puisque vous l'aimez, parlons d'elle, voulez-vous?
SIDONIE
Peut-être.
RICHARD
Oh ! de grâce, madame, où est-elle ?
STDONIE
Donnant, donnant; dites-moi où est Lionel, je vous dirai où est Pauline.
RICHARD
Mais c'est une trahison que vous me demandez-là.
SIDONIE
Une de plus ou de moins, qu'est-ce que cela vous fait? D'ailleurs, c'est à prendre ou à laisser. Je saurai tout, ou vous ne saurez rien.
RICHARD
Mais, si je commence par vous dire où est Lionel...
SIDONIE, l'interrompant.
Il n'est donc pas au Paraguay?
RICHARD
Pas encore. C'est si loin!
Pourvu que je puisse le rejoindre?
RICHARD
Cela dépend de vous. Commencez par me dire où est Pauline...
SIDONIE
Pourquoi aurais-je plus de confiance en vous que vous n'en avez en moi?
RICHARD
Les hommes présentent une garantie sérieuse que ne peuvent offrir les femmes : la parole d'honneur.
SIDONIE
Ah! le bon billet! Pourquoi ne tromperiez-vous pas comme votre cousin, que vous êtes prêt à livrer?