ACTE IV
Elle est nécessaire. Il faut que la justice ait son cours.
LE COMTE
Qu'est-ce que cela veut dire?
OCTAVE
Vous allez le savoir : je veux que tout le monde le sache.
LE COMTE
Soit ! on le saura, puisque vous y tenez. Qu'est-ce que c'est?
OCTAVE, après une pause.
Marquis de Trésignan ! (il s'nvance d'un pas solennel vers Lionel, qui reste immol)ile, la figure contractée, les yeux baissés. Pierre s'approche rapidement, mais trop tard, pour s'interposer. Octave se jette dans les bras de Lionel, en s'écriant] : Mon seul
amil
PIERRE, lui tendant la main.
Et moi?
OCTAVE, reculant avec horreur.
Vous osez me tendre la main? Vous!
PIERRE, souriant.
N'est-ce pas l'usage en pareil cas?
OCTAVE
Riez, monsieur! riez à votre aise, maintenant; nous verrons si vous continuerez à rire sur les bancs de la police correctionnelle.
LE COMTE, se levant.
Cher monsieur Landurel, nous sommes d'habitude enchantés de vous voir au château d'Apremont ; mais, pour celte fois, permettez-moi de vous dire que votre façon d'entrer me paraît un peu bien extraordinaire.
OCTAVE
C'est vrai, monsieur le comte ; et je m'excuse une seconde fois. Mais ce n'est pas ma faute, vous concevez. Je suis hors des gonds. Mettez-vous à ma place.
LE COMTE, assis.
Quoi qu'il arrive, permettez-moi de garder la mienne.
OCTAVE
Vous avez raison, monsieur le comte. Il faut garder sa place tant qu'on peut, lorsqu'elle est bonne ; mais la mienne, hélas! n'est pas tenable. J'ai les preuves en mains. (Il tire de sa poche une lettre et la montre au comte.)
Lisez!
LE COMTE, tenant la lettre, sans la lire. De qui est cette lettre?
OCTAVE, montrant Pierre, De monsieur.
PIERRE
Je n'ai jamais eu l'honneur de vous écrire, cher monsieur.
OCTAVE
Mais vous avez écrit à ma femme, et voilà le liic. LE COMTE, regardant l'adresse.
Puisque cette lettre est adressée à madame Landurel, c'est à elle qu'il faut la remettre, (il fait un pas vers Sidon ie.)
OCTAVE, arrêtant le comte.
Je m'y oppose, monsieur le comte : c'est une pièce de conviction.
SIDONIE
Contre qui?