ACTE IV
LE COMTE
Raison de plus peut-être. Peut-être n'était-ce pour vous qu'une facilité de plus.
LIONEL
Douter à ce point de moi , que vous me croyiez capable d'une infamie!
LE COMTE, montrant Pierre
Mais alors ! c'est donc lui. Si ce n'est le gendre de mon choix, c'est donc le fils de mon adoption !
BLANCHE
Moi, je réponds de Pierre, comme il a répondu de moi. •
Ma chère enfant ! tu ne comprends rien aux passions humaines. Dieu merci ! (à Pauline.) Lequel des deux?
PAULINE
Ni l'un ni l'autre, monsieur le comte. N'accusez personne ici que moi. Et ma faute même, dont je ne veux ni diminuer la gravité, ni décliner les conséquences, n'est pas ce que vous croyez. Si je vous ai trompé, c'est en vous disant que je ne connaissais pas M. de Villepreneuse.
LE COMTE
Villepreneuse! Vous le connaissiez?
PAULINE
Avant mon mariage.
LE COMTE
Pourquoi ne me l'avoir pas dit?
PAULINE, fièrement Je VOUS ai offert ma confession : vous l'avez refusée.
12e LES SCEPTIQUES
LE COMTE, baissant la tête
C'est vrai.
PAULINE
J'espérais ne jamais le revoir. Mais on échappe difficilement à son passé. Le mien est venu me poursuivre jusqu'ici, au milieu de mon bonheur, en pleine réhabilitation, et me contraindre, tremblante à la fois d'épouvante et de remords , à l'imprudence fatale qui me perd. Il fallait risquer un scandale pour éviter une catastrophe, et je suis allée à ce rendez-vous imposé par l'homme qui avait trompé ma jeunesse pour lui dire un éternel adieu.
LE COMTE
Vous accusez un absent pour disculper les autres. Si Villepreneuse était ici !... (Entre Richard.)