‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 166 sur 338 · LE D L C · texte numérisé non relu

LE D L C

Tu t'imagines ça! est-ce qu'on lue les femmes? Quand elles meurent, c'est qu'elles ne peuvent plus faire autrement.

Ne ris pas, je t'en prie; ma douleur est sans remède, parce que ma faute est sans excuse. J'ai employé ma volonté, mon intelligence, toutes les forces de mon àme, non à combattre ma passion, mais à l'inspirer à un pauvre être qu'elle a brisé. Je te dirai tout... aujourd'hui, je ne peux pas. Ce souvenir m'étouffe... et... j'en meurs, Gaétan!

LE DUC

Toi? tu l'aimes toujours?

URBAIN

Je ne peux pas regretter une vie de lutte et de tourments ; mais je ne peux plus aimer, voilà ma punition.

LE DUC

Allons donc ! pour un seul roman? Tiens, il n'est guère possible d'avoir aimé plus souvent que moi? Eh bien, je ne me donne pas trois mois de campagne...

URBAIN

Oh! toi! tu es de ces natures vivaces qui refleurissent à chaque saison nouvelle! Mais je ne veux pas t'attrister, souvienstoi seulement qu'à un moment donné je peux avoir un grave service à réclamer de toi.

Dis tout de suite.

URBAIN

Non, laissons cela ; je vas rassembler tes lettres de change, dont tu feras ce que tu voudras.

LE DUC

Je les ferai encadrer.

URBAIN

Libre à toi.

AcTi: pi{i:Mii:n. 31

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