ACTE DI-rXiCME. G
Je crois bien! il n'y a pas un (ju;irt d'heure que je connais madame la marquise, et je l'aime déjà de tout mon cœur!
L A M A II y u I s E.
Vrai ?
DIANE
Vrai! et, depuis que je suis près de vous, il y a une chose qui me tourmente.
LA MARQUISE
Quoi donc?
DIANE
C'est que, quand mon tuteur m'a présentée à vous, vous no m'avez pas embrassée comme on me l'avait promis.
LA MARQUISE
Chère enfant! (Eiie rembrasse.) C'est que je n'osais pas. Un baiser! c'est une charité que votre âge fait au mien! [Eiies vont
s'asseoir à droite. )
DIANE
C'est un honneur pour moi, madame, et un plaisir aussi. Ma
marraine m'a appris à vous aimer. (Léonie et Caroline entrent par la droite.)
LA MARQUISE, à Dunii^res , qui est derrière son fauteuil.
Elle est tout bonnement ravissante!
D UNI ÈRE s.
N'est-ce pas? un très-bon naturel.
LA MARQUISE
Ah! voici mademoiselle de Saint-Geneix.
DIANE, se levant et tendant les deux mains à Caroline.
Bonjour, mademoiselle de Saint-Geneix! Je ne sais pas si je m'y connais, mais je trous e que vous avez aussi une figure qu'on aime à première vue.
62 LE .^lARQUIS DE VlLLEMEll.
C A R 0 L IX E , qui est descendue à gauclio.
Et moi qui crois m'y connaître un peu, je vous assure, mademoiselle de Saintrailles, que vous avez cette figure-là.
DIANE
Oui? Tant mieux! merci! madame d'Arglade m'avait bien dit que nous nous conviendrions. Elle m'a raconté votre histoire. Je veux que nous soyons amies.
CAROLINE, franchement.
Oh! je le veux aussi !
DIANE
Ce que je vous dis là, ce n'est pas banal. J'aime les beaux caractères; je voudrais en avoir un... superbe! mais, que voulez-vous! je n'en ai pas encore trouvé l'occasion!
Vous la trouverez, cela vous est dû.
LÉONIE, assise à r extrême gauche.
Et vous la saisirez! vous avez tant d'âme!
LA MARQUISE, bas , à Duniires.
Mon fils ne descend donc pas? (le duc et le maniuls entrent par le fond. — Diane va s'asseoir près de la marquise. ) DUMliKES.
Si fait, si fait! le voilà.