‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 191 sur 338 · ACTE DFUXIK.ME · texte numérisé non relu

ACTE DFUXIK.ME

vovoz! je no sni? pns encore fiiiro la révérence! et je ne sais rien dire aux hommes. On ne nou^ apprend pas ça au couvent.

I,A MAriQUISE.

Mais ces hommes-lii no sont pas pour vous faire pour! Mes fils sont vos amis naturels.

DL'Mi:nr:s.

Certainement, certainement!

DIAXr.

A la bonne heure, alors. D'autant plus qu'il y en a un que je connais déjà, à ce qu'on m'a dit; mais je ne me le rappelle pas, et je ne pourrais pas dire lequel.

LE DUC

Alors, mademoiselle, il faut tâcher de deviner.

DIANE, se levant.

Attendez! qu'on ne me dise rien. Celui que je connais, c'est le duc; et le duc (montrant Urbain), c'ost mousicur.

URBAIN, souri.int.

Très-bien !

DIANE, au duc.

Vous, vous êtes le marquis de ViHemcr.

LE DUC

Parfait !

Pourquoi vous imaginez-vous cela?

DIANE

Parce que... Je no sais pas, moi... Est-ce que je me trompe?

(Moavement des outres personnages.)

URBAIN

Je demande en grâce qu'on ne dise rien à mademoiselle de Saintrailles; l'un de nou> deux a eu l'honneur de lui offrir, je crois, sa première poupée; il a droit à un remercîment, mais nous sommes trop bons frères pour nous le disputer; c'est à elle de décider entre nous.

DUNIÈRES, i\ Diane, qui est allée se placer entre les deux frères.

Regardez bien !

DIANE

Eh bien!... non ! Je ne sais plus! Je me figurais M. de Villemer avec la figure de monsieur (montrant le duc) ; mais, d'un autre côté, pour donner des poupées... (montrant urbain), monsieur a l'air bien sérieux.

URBAIN

Cela n'empêche pas.

DIANE , à Urbain.

Non? A-lors, monsieur le duc, je vous remercie de ma poupée.

(Caroline remonte et descend ensuite se placer à l'extrême droite.) J a\ais Oublié le bienfaiteur, mais le bienfait est resté gravé là. (Eiie touche son front. ) Il avait uue belle robe rose et des cheveux blonds

tout crêpés. (Elle retourne s'asseoir près de la marquise.) LÉONIE.

Pourtant...

LE DUC, bas.

Taisez-vous donc! Ne voyez-vous pas que le plus rassurant, c'est l'auteur de la poupée? Laissez-en pour aujourd'hui le bénéfice à mon frère.

CAROLINE, ft Diane.

Vous allez venir en Bourbonnais?

DIANE

Et nous nous verrons souvent;. Quel bonheur, la campagne!

LE DUC

Comment 1 rien que la campagne ?

Oh! j'aime aussi Paris!... j'aimerais bien aussi les voyages! j'aime tout ce qui n'est pas le couvent.

URBAIN

Pourquoi les jeunes personnes détestent-elles le couvent?

LE DUC

C'est qu'elles y sont enfermées.

ACTF. DKL'XIKMI-. Gd

DIANE

Oui, cVst cela. Nous y sommes ccrtainemont plus libres que dans nos familles, nous y remuons davanlaire, nous y faisons plus de bruit; mais vous m'avouerez que de sentir un grand mur entre soi... et l'inconnu, ce n'est pas naturel.

LÉONIE

Moi, je me rappelle pourtant ce temps-là comme un be.iu rêve !

LE DUC, bn?, à Léonie.

C'est qu'il est peut-être déjà un peu loin! ;iiaut.) A rà.i:e de mademoiselle de Saintraillcs, regretter la prison, serait un contre-sens.

DIANE

Oh! n'est-ce pas?

LE DUC

Sans nul doute. Le bel âge que vous avez, c'est le mois d'avril de la vie. Tout est grâce et parfum, sourire et promesse. On voit autour de soi un monde de fleurs, et devant soi l'été, c'est-à-dire un monde de fleurs encore plus riche et plus embaumé. Comme c'est loin, l'hiver! comme on y songe peu et comme on n'y croit guère! On a bien le droit de le nier et de compter sur l'éternelle jeunesse des choses qu'on saisit, quand on est jeunesse et soleil soi-même!

DUNIÈRES.

Voilà qui est très-agréablement tourné... Mais votre frère...

LE DUC

Mon frère le tournerait beaucoup mieux. Moi, je ne Fuis qu'un amateur des choses poétiques; lui, il est un véritable artiste ; il sait, où je ne fais que sentir : je ne suis qu'un instinct, il est une lumière !

LÉONIE

Certes, monsieur le...

LE DUC

11 m'expliquait justement, l'autre jour, à propos de la phvsionomie... de la composition... ;a urbain.) Qu'est-ce que tu me disais donc? C'était d'une clarté, d'une délicatesse de îroùt...

URBAIN, un peu ennuyé.

Je ne te disais rien du tout. (Il remonte près du piano.) LE DUC.

Si fait! c'était à propos... des étoiles! oui, il me fai.-ait remarquer que chaque groupe avait son expression, son mouvement, sa courbe hardie, menaçanle ou gracieuse; que... Oui !

DIANE

Moi, je trouve cela un peu subtil! j'aime mieux admirer foutes les étoiles indistinctement, comme une pluie d'or qui me tombe de partout sur la tête.

LA MARQUISE

Elle est charmante! (a Diane.) Mais parlons de vos projets. Je ne suis pas très-éprise de la campagne, moi; à quoi comptezvous y passer votre temps?

DIANE

Oh ! j'y aurai de grandes occupations !

LE DUC, approchant un fauteuil près d« Diane et s'asseyant.

Vraiment?

DIANE

Oui, mais devinez un peu lesquelles? C'est à mon tour de vous intriguer.

LE DUC

Faut-il essayer de déchiffrer des énigmes? C'est très-diffîcile,

eî, nous ne serons pas trop de deux, (n va chercher urbain et le fait asseoir où il était. ) VoyOUS !

URBAIN, assis.

Tu veux que je t'aide ?

LE DUC

Non, c'est moi qui t'aiderai ; commence.

URBAIN

Mon Dieu... mademoiselle sort du couvent; elle commenrei'a par veiller fort iqfd et se lever de ni^me.

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