ACTE DEUXlflME
pas; mais vous, vous me promottioz de m'en trouver une: je lallends toujours!
LD DUC
Je vas vous la chercher.
DIANE
Où donc?
LE DUC
A deux pas d'ici !
DIANE
Dépôchez-vous.
Je reviens des-us. (n ra à urbain.) Je me sauve chez toi, je ne veux pas qu'on mo prenne en amitié à ta place.
URBAIN
Oh ! moi, je ne sais pas dire des riens. Je n'ai pas d'esprit, je m'en vas aussi.
LE DUC
I Non pis! tu désolerais maman! Reste, montre-toi, plais, triomphe, épouse! Allons, va donc! Elle est charmante! loi qui
aimes les enfants ! (ll s'esquive paria porte du fond.)
DI.\NE, à Caroline, en regardant Urbain.
Alors, c'est décidément là le marquis? Est-ce qu'il est aimable?
CAROLINE
Beaucoup plus que son frère.
DIANE, tristement.
\ OUS trouvez? [Léonie vient s'asseoir près delà marquise.) LA MARQUISE, à Dunières.
Mon cher Dunières, faites donc valoir mon fils.
DUNIERES, allant chercher Urbain et l'amenant en scène.
Eh bien, mon cher Urbain, êtes-vous content de vos nouvelles machines agricoles?
URBAIN, raillant.
Je crois bien! C'est la perfection du travail.
D UNI ÈRE s.
L'émancipation du travailleur.
URBAIN
La diminution du prix de revient.
DU NI ÈRE s.
L'augmentation du bénéfice net.
URBAIN
C'est-à-dire la fortune.
DUNIÈRES,
C'est vrail II y a trente ans, on no connaissait pas ça, le progrès!
DIANE, bas, à la marquise.
Ah! madame! voilà M. de Dunières qui va trouver sa rime favorite; il va parler de ses engrais.
LA MARQUISE
Dunières !
DUNIÈRES.
Je suis à vous, marquise! (a urbain.) Moi, mon cher, mes engrais végétaux m'ont donné des résultats exceptionnels.
DIANE, à la marquise.
Quand je vous le disais!
DUNIÈRES.
A l'heure qu'il est, on enfouit mes féverolos de septembre; j'en espère encore mieux que de mon lupin blanc d'il y a deux ans, que je semais à raison de deux hectolitres par heclare et
qui... (Diane se lève et va prr-s de Léonie.)
Dunières!
DUNIÈRES.
Je suis à vous, (a urbain.) Essaypz-cn.
URBAIN, bas.
Non ! je vends mes terres.
ACTH DEUXlKMi:. 7!
i)UMi:iu:.s.
Je sais pourquoi; mais...
URBAIN
Mais pas un mot à ma mère!... Elle l'apprendra toujours trop toi.
Brave garron !
LA MARQUISE, impalienl.-e.
Dunières! Gomment! je vous dis du mal de la campagne, et voilii que vous retombez dans vos lupins et dans vos fcvcrolcs ! l'arlez-nous plutôt beaux-arts, monuments...
LLOME.
Oh! M. le marquis sait tout!
URBAIN, froidement.
Vous en êtes sûre, madame?
D I .V N E , à Léonie.
Il a l'air de vous bouder.
LÉONIE
Ce n'est rien. Parlez-lui, vous!
DIANE, s'approchant un peu d'irbain.
3Ioi, je n'ose plus, il m'intimide. (Léonie rencourage; Diane s'avance encore; Urbain va à l'extrême gauche en passant devant Dunières; la marquise fait de» signes à Dunières, lequel en fait aussi en montrant Lrbain absorbé qui parcourt une brochure. — Tout le monde se tait.; Chut ! EcOUlCz!... C eSt UM
ange qui passe, comme on dit au cou\ent. .Geste de d:>espo;r de i.-.
marquise.]
dunièrp:s.
Marquise, nous vous quittons!
LA MARQUISE
Déjà ?
DUNliiRES.
Oui, madame de Dui;ierei...
72 LE MARQUIS DE VILLEMEIl.
DIANE
Et ma licorne?