ACTE DEUXlf-MI
diam:.
II y a du bon... Mais que fcrai-je de ma veillée?
URBAIN
Vou> vous endormirez probablement au salon.
niANR.
Pas du tout.
LE DUC
Quoi , alors?
DiAxr:.
Si je vous le dis, vous n'aurez pas trouvé.
LK DUC, ù Urbain.
Dis! je n'y suis plus, moi !
URBAIN
Eh bien, mademoiselle ira contempler les étoiles... toutes les étoiles indistinctement.
DIANE
Ah! voilà une méchanceté! C'est comme cela que m'en dit mon tuteur!
DUNIKRES.
Vous dites?...
DIANE
Rien. Voilà donc mes veillées occupées! Maintenant, mes journées?
URBAIN, railleur.
C'est plus facile. Vous déjeunerez, d'abord.
DIANE, piquée.
Qu'est-ce que je mange or ]inaire;iient?
URBAIN
Une côtelette.
Je vous demande bien pardon. J en manee doux : après?...
URBAIN
Après?... Comme il faut changer souvent de toilette, vous mettrez une amazone et vous irez émerveiller les populations.
DIANE, piquée.
Sur un âne, sans doute?
URBAIN
Non! sur le cheval le plus indocile.
DIANE
Non.
LE DUC
Sur une mule empanachée, et ferrée d'argent. C'est joli, ça?
DIANE, riant et se souvenant.
Non 1 il y a mieux que ça!
LE DUC, se ressouvenant.
C'est vrai! il y a mieux que ça.
DIANE
Quoi? Voyons, dites!
LE DUC
11 y a le plus fier, le plus élégant, le plus capricieux des animaux de la création... héraldique! Il y a...
Allons donc!
LE DUC
La licorne blanche!
DIANE, se levant vivement.
Vous êtes le duc d'Aléria!
LE DUC
Pourquoi?
DIANE
Vous êtes venu jadis à notre vieux château de Saintraillcs. Il y avilit des licornes blanches énormes... en tapisserie. Et moi, je voulais une licorne vivante; on me disait que ça n'existait