‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 203 sur 338 · ACTE TROISIÈME. S · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME. S

LE DUC

Bcllo demande 1 comme si je ne savais pas que c'est pour les vendre !

Mais non 1

LE DUC

Mais si! C'est une liquidation générale, complète! Un de ces jours, tu vendras ton château, le seul luxe que lu puisses encore oiïrir à notre mère!

URBAIN

Ma mère est comme toi, elle n'aime pas la campagne.

LE DUC

Mais tu l'aimes, toi! mademoiselle de Saint-Gencix l'aime aussi, et je l'aime avec vous trois. Tout ça, à cause do moi! C'est affreux d'assister à ce désastre dont je suis la cause!

URBAIN

Tu es fou! tu es dans tes humeurs noires. Monte donc à cheval, ça te distraira.

LE DUC

Je n'ai plus de chevaux.

URBAIN

C'est vrai, tu les as prêtés à Defresnrs.

LE DUC

Je les ai vendus.

URBAIN

Pourquoi donc ça?

LE DUC

Parbleu! parce que tu vends les livrer.

Eh bien... prenons-en notre parti. Faisons chacun notre petit Facriûceet rions-en! Manière est calme; mademoiselle de ?aint- Gencix se résigne à être son factotum; moi, j'ai un surcroît d'occupations, cela m'est bon; loi...

LE DUC

Oui, moi, je vous regarderai, quand je devrais vous épargner de la peine ! Voyons, donnez-moi quelque chose à faire. (Caroline

remonte au fond à gauche. — Urbain se jette sur le canapé.) Mademoiselle

de Saint-Geneix, employez-moi donc, (n remonte près d'elle.)

CAROLINE

Voulez-vous me dire si l'édition du dictionnaire de Bayle est complète ? Là! sur le sixième rayon du haut; comptez les volumes.

LE DUC, montant sur une chaise.

C'est bien haut, ça doit être complet, (n compte.) Vingt-trois volumes! (n descend.) Hein! je ne suis pas long, moi ?

CAROLINE, riant.

Oh! c'est trop complet!

LE DUC, remontant sur sa chaise.

Tiens, c'est vrai, il n'y en a que seize. J'ai compté deux ouvrages pour un. C'est la faute de la reliure, (ii descend.) Joli début!... Et puis?...

URBAIN

Inutile ! reste donc tranquille.

Je ne suis bon à rien, alors ?

CAROLINE

Si fait. Vous êtes chargé, vous, de rendre votre mère gaie, de la maintenir courageuse, et, comme cela se reflète sur tout le monde, c'est donc très-bon et très-utile.

LE DUC

Parlez, parlez encore...

CAROLINE, s'asseyant au bureau.

C'est tout.

LE DUC

C'est dommage ! vous êtes joliment bonne, vous, quand vous voulez! (Allant près d'Urbain.) N'ost-ce pas qu'elle sait dire des

choses... Et comme elle est jolie ! (Carollne se lève et remonte.)

ACTH TROISlKMi:. 87

Page 1