‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 226 sur 338 · ACTE ()UATI{IÏ:MK · texte numérisé non relu

ACTE ()UATI{IÏ:MK

Ce que lu viens de dire est le cri de l'amour qui se dévoue, ne l'en défends plus! Moi , je t'ai exaspéré sans le vouloir, sans m'en douter... Je t'en demande pardon; j'aurais dû comprendre plus tôt.

un HA IX.

Gaétan, j'ai été odieux ! J'étais fou. j'avais le délire... Je suis

bien malheureux, va ! ill fond en larmes et tombe sur la cl.nise à gauche.) LK DUC, pr.'s de lui.

Allons, pas de faiblesse, voyons ! Toi, si courageux!

URBAIN

Laisse-moi être faible! il y a si longtemps que j'ai l'air d'être fort!

LE DUC

Au fait, oui; pleure, ça te soulage; mais tâchons de parler raison. Sache d'abord que, hier au soir, c'est Pierre qui a accompagné mademoiselle de Saint-Geneix à la promenade, (urbain se Kve. ; Tu as cru que j'arrangeais un tête-à-lête pour moi .. C'est absurde! Oublions ça à tout jamais. Moi, comme je n'ai pas envie que ça recommence, je te déclare et je te jure que je n'aurai plus la moindre velléité d'amour et de mariage pour mademoiselle de Saint-Geneix.

URBAIN

A quoi bon ce sacrifice, puisque...?

LE DUC

11 servira à ne pas te faire souffrir et à ne pas troubler notre amitié. J'en ai assez, moi, vois-tu, du chagrin de cette nuit! C'est trop lourd pour moi, j'en deviendrais fou! Le sacrifice, d'ailleurs, n'est pas immense, puisque mademoiselle de Saint- Geneix n'a seulement pas compris qu'elle me plaisait. Et puis, tu l'as dit et tu as raison, je ne suis pas inconsolable Je ne suis pas tenace. Avec un peu de bonne volonté , et le ciel aidant, je serai amoureux d'une autre peut-être avant huit jours.

URBAIN

Non, non, épouse Caroline. Je la surmonterai, cette jalousie honteuse, égoïste! Jamais elle ne- se doutera que je l'ai aimée, et je détruirai C6la en moi; j'en ferai de la cendre, je te le jure! C'est elle, mon ami, c'est Caroline qu'il faut aimer sérieusement et pour toujours. Elle est digne de porter Ion nom; elle entourera notre mère de soins et de bonheur; elle te fixera, toi; elle est forte et elle est tendre; elle a une intelligence d'élite, une instruction rare, d'immenses ressources dans l'esprit; et tout cela avec une adorable simplicité. Elle est active, énergique, dévouée, généreuse... Enfin...

LE DUC

Enfin tu l'adores, et c'est pour cela qu'il faut que je l'épouse? C'est insensé! Yeux-tu que je te le dise? depuis hier, je crois qu'elle t'aime.

URBAIN

Ah! comme tu te trompes!

LE DUC

A Paris, pourtant...

URBAIN

A Paris, elle m'estimait, rien déplus; et, depuis, elle m'a témoigné une froideur... presque blessante.

LE DUC

Parce qu'elle s'est aperçue de ton amour, et, comme elle est fière et loyale, elle a voulu te contraindre à porter tes vues vers mademoiselle de Saintrailles.

URBAIN, vivement.

Oh! si cela était!...

PIERRE, entrant par le fond.

M. le comte de Dunières est au salon et demande à parler à M. le duc.

LE DUC

Diable! il est matinal, lui! (a Pierre.) J'y vas. (pierre fei-mc le para-

Tent et sort par le fond.) Tu vois qu'on cst pressé Ui-bas d'avoir une

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solution, on n'en dort pas! ji remonte et revient.) Dis fJonc, si j'étjiis à la place, moi, je ne me trouverais pas si à plaindre! Aimé de deux femmes ciiarmantes! Mais lu ne peux pas les épouser toutes deux; c'est une lacune dans la législation; enfin c'est comme ça ! Qu'est-ce que je vas répondre aux questions de ce bon Dunières?

URBAIN

Que je ne peux pas épouser mademoiselle de Saintraillos, parce que mon cœur ne m'appartient pas.

LE DUC

Allons donc ! Comme ça, brusquement? C'est impossible!

URBAIN

Eli bien, sache d'abord ce qu"il veut, et, si l'on insiste... j'irai m'expliquer moi-même!

LE DUC

Réfléchis, pourtant.

U R B A I N , voyant Caroline opprochcr. J"ai réfléchi, va donc. Le duc son par le fond.)

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