‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 240 sur 338 · ACTE OrATniKMF · texte numérisé non relu

ACTE OrATniKMF

(''pcrflu, j'allais chercher ûas secours que je n'ai pas trouvés, et qui n'eussent pas valu les siens! Si ma parole ne vous sufïit pas, ma mère, interrogez cet honnête homme qui est là (montrant pien-ej et qui a le droit d'y être !

LA MARQUISL'.

Ail ! qu'ai-je fait !

LE DUC

Vous avez cru à la délation d'une personne...

Elle croyait dire la vérité, (s'avancant.) Mademoiselle de Saint- Geneix, je n'ai jamais douté de votre honneur!

CAUOLINE.

Pardonnez-moi, madame, vous avez douté de ma droiture.

LA MARQUISE

La réparation que j'ai à vous offrir...

CAROLINE

Je n'en puis accej)ter aucune!

LA MARQUISE

Caroline, voilà une parole cruelle! (Eiie tombe sur le ranapé.)

CAROLINE

C'est qu'on a été cruel aussi envers moi, madame la marquise. Je sais que les malheureux ont mauvaise grâce à se plaindre. Il y en a tant qui manquent de courage et de fierté, c'est tant pis pour ceux qui n'en manquent p;is : tous doivent être soupçonnés. Quel était mon crime, à moi? Je suis ici pour travailler, et je travaille; je ne me mêle de rien que de faire mon devoir, sans jamais me plaindre de mon sort. Je ne recherche l'amitié et la confiance de personne. On veut malgré moi me deviner, me connaître, lire dans mon cœur, le troubler, le déchirer, le sommer de se rendre 1 et, quand on croit avoir vaincu ma fierté, on me fait comparaître de\ant un tribunal, on m'interroge, on ininierprète, on scrute les pensées qu'un m'attribue,

et l'on me jette à la tête de celui dont on me suppose éprise! el ce'a, parce qu'on ne daigne pas supposer que je puisse avoir un service à rendre en secret, un devoir à remplir, un chagrin à épargner! (Fondant en larmes.) C'était pourtant bien simple à se dire. Ah ! gardez vos réparations et rendez-moi ma liberté. Je ne demande pas que l'on me dédommage et que l'on me console ; je demande que l'on m'oublie.

Ah! si votre orgueil est légitime, il est impitoyable... Je le disais bien, qu'on ne pouvait pas m'aimer. (u s'appuie derrière sa mère,

sur le dos du canapé.)

CAROLINE

Mon Dieu !

LA MARQUISE

Mademoiselle de Sainl-Geneix, vous avez raison contre moi;

^j'ai oublié que le malheur, noblement accepté, est le premier

j des titres au respect. Ne me pardonnez donc pas. Mais voyez le

désespoir de mon fils, et soyez grande! Sacrifiez-lui votre

fierté!... Voyons, Urbain, elle veut que je me mette à genoux?

Aidez-moi, mon fils! (EUe se lève.)

CAROLINE, vivement.

Non !

LE DUC, à sa mère.

Oh! ma mère, pas cela; vous ne la connaissez pas.

LA MARQUISE

Caroline! ma fille, je t'en prie. (EUe retombe sur i& canapé.)

CAROLINE, tombant à ses pieds.

Oli! ma mère!

UUB AIN.

Oh ! mon Dieu !

LA MARQUISE, tenant Caroline dans ses bras.

Dis-moi que tu l'aimes!

A en- ouatijik.mî:. 105

cAiio I. iNi:,

Ahl de toute mon ànie! (Irl.nin lui bnis<' la mnin, la rorve et la conduit près de Diane. )

L A M A n Q U I S E , se tournant vers le duc.

Et loi, je t'ai fait bien du mal?

LE DUC

Ne recommence pas, maman; ça f\iit vieillir.

DIANE

Cah! vous n avez que vingt ans.

LE DUC

Au fait, c'est juste; il y en a vingt à recommencer.

DUNIÈRES.

A recommencer?

LE DUC

Tout autrement, Dunières, tout autrement.

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