LOUIS K
Embarrassé!... dis: très-froid! glacial!... Il tno rog.irdc à peine, il me parle rarement, il bat sur la vitre des airs inconnus, en regardant luire le soleil ou tomber la pluie... et voilà!...
CLÉMLNCK.
Môme seuls !
LOUISE
Surtout seuls! — Enfin, si je te disais (pj'il ne ma pas encore tutoyée...
CLÉMENCE
Mais c'est très-grave, cela!
LOUISE
D'autant plus grave que c'est ma faute, à ce qu'il parait.
CLÉMENCE
Comment?
LOUISE
J'ai eu des renseignements sur mon seigneur et maître, et on prétend que cette timidité n'existait pas du tout, mais du tout, quand il était garron. Monsieur se ruinait à Paris en plaisirs de toutes sortes!... Enfin, il fréquentait des actrices, ma chère !
CLÉMENCE
Ah!
LOUISE
Si bien qu'il a fallu l'interdire et le rappeler. Et c'est alors qu'on l'a marié pour le ranger. — Seulement, j'ai peur qu'on ne l'ait t^-op rangé!... Ah! Dieu! quand je le compare à M. de Chavenay. Voilà un mari, le tien!... si bon, si prévenant.
CLÉMENCE
Oh! il a aussi ses défauts, va!
LOUISE
Je te défie d'en citer un !
Eh bien, quand ce ne serait que celui de n'en pas avoir! C'est un très-grand défaut quelquefois!
LOUISE
Ahl...
CLÉMENCE
Mais certainement! il m'écrase de sa supériorité, et me prive du plaisir d'exercer mes petites vertus domestiques. C'est de l'égoïsme!... Et puis dix-huit mois de mariage, toujours au beau fixe! Rien que du bleu! c'est mourant!... Je demande un nuage!...
LOUISE
Tu aimerais mieux ton mari quinteux, bizarre, emporté?
CLÉMENCE
Ah! Dieu! s'il pouvait donc se mettre une bonne fois en colère !
LOUISB.
Qu'est-ce que tu ferais?
CLÉMENCE
Je placerais l'attaque de nerfs qui me ronge depuis trois mois !
LOUISE, elle va pour se rasseoir.
Ce que c'est de nous, pourtant! — Se plaindre d'un mari qui s'occupe tiop de toi. (Regardant au fond). Tions ! vcux-tu avoir une idée de la tendresse du mien, observe-le...
CLÉMENCE
11 vient?
LOUISE, regagnant son canapé.
Oui, fais semblant de dormir...
CLÉMENCE
Mais !
LOUISE
C'est lui!.,, dormons!... (EUes reprennent toutes deux l'attitude qu'elle» araient au commencement de In scène.)
ACTi- I'i;i:.mii:h. 5
SGKNE II.
Lks l'HKciiuENTs, TUOHNES.
TROENES, entrant par le fond et chercliant autour «le lui.
Où diable ai-je fourré mon paletot? (11 raperçoit sur le dos du si.'-(?e
où est étendue sa femme. Louise a le bras sur le vi'tement.) Ah! lo VOilà! 1' Il monte doucement derrirre le siège, et tirs le paletot pour l'avoir. Louise soupire et tourne la tête de son côté en lui tendant lu joue que Troènes est obligé d'ellleurer pour tirer l'iiabit; il n'y prend pas garde, et, maître du paletot, redescend en fouillant dans les poches.) Saprisli!... j'ui percJu mon porlp-
Cigares!... (cherchant à terre, en s'en allant'. Un ^0UVenir (Je Florinc!... jamais!... Il me le fdUl!... Il me le fbut!... [11 s'éloigne par le fond en cherchant à terre).