‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 25 sur 338 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

BARANTIN. CAMILLE.

BARANTIN.

Toujours la même.

CAMILLE

Toujours. Elle a six ans.

BARANTIN.

Fant mieux.

CAMILLE

l'eut-être.

BARANTIN.

Tu aimerais mieux qu'elle en eût trente.

CAMILLE

Trente, non, mais vingt.

BARANTIN.

Autrement dit, tu commences à trouver le temps un peu long, ou à ne plus voir en Lucienne la femme que tu dois épouser un jour. Tu sais que, malgré nos projets, tu restes toujours maitre de ton cœur comme de la pensée et que tu t'appartiens toujours. Ce n'est pas moi qui conseillerai jamais un mariage qui ne sera pas absolument l'union de deux sympathies bien déterminées. Mieux vaut rester garçon et mourir dans un roin, entre sa bonne et son portier, que d'avoir traîné toute sa vie la chaîne de l'incompatibilité des caractères. C'est ta mère qui a élevé Lucienne et qui l'a élevée dans l'idée d'en fair'e ta femme. Tant pis pour Lucienne et pour moi si cela ne se réalise pas. mais la liberté avant tout. Tu n'es engagé à rien. Du reste, tu as encore trois ou quatre ans devant toi, à moins que tu n'aimes quelqu'un...

CAMILLE

Oui sait?

BARANTIN.

Moi. je le sais. Tu es amoureux,

CAMILLE

Vous en êtes sur ?

BARANTIN.

Tu es amoureux depuis un an, depuis que lu es venu seul ici.

CAMILLE

Et vous connaissez la personne que j'aime?...

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