ACTE DEUXIÈME
BARANTIN.
Non; seulement, aux agitations, aux distractions, aux inéi<alités d'humeur auxquelles tu es soumis depuis l'été dernier, je suppose et je parierais que cet amour n'est pas filé d'or et fl" soie, et qu'il y a un peu de coton dedans.
CAMILLE
Vous vous moquez.
Dieu me garde de me moquer de l'amour. Ça rit, ça mord et ça tue! Heureusement, à Ion âge, ce n'est pas une grosse affaire.
CAMILLE
Vous vous trompez.
BARAXTIX.
Alors, comment ta mère n'est-elle pas au courant de tout, elle qui prétend que tu ne lui caches rien?
CAMILLE
Je ne savais pas encore s'il était nécessaire de lui apprendre...
B ARANTÏX.
Et puis, c'est peut-être un de ces amours qui ne regarder? t pas les mères.
CAMILLE
C'est lamour le plus involontaire et le plus chaste en même temps. Si ma mère n'a pas reçu ma confidence, c'est que j'ignore si je suis aimé et qu'hier encore j'ignorais si la personne que j'aime était libre.
BARANTIN.
Et aujourd'hui?
CAMI LLE.
Je sais qu'elle l'est; mais je doute qu'elle m'aime, car elle pouvait me donner, sinon une preuve d'amour, du moins une marque de sympathie, et elle ne Ta pas fait.
BAR ANTIN
Elle est donc ici?
Oui.
BARANTI X.
Tu caches bien ton jeu; on ne te voit parler à aucune femme.
CAMILLE
Je ne lui ai adressé la parole que deux fois : une fois, l'année dernière, le 11 septembre...
BAR AN TIN
Le 'M septembre... Quel bel âge!
CAMILLE
Et une fois cette année.
BARANTIN.
A quelle date?
CAMILLE
Hier.
BARANTIN.
Et tu ne lui as pas encore dit que tu l'aimais ?
CAMILLE
Tant que j'ai cru qu'elle n'était pas libre, je n'ai pas vaulu quand j'ai su qu'elle l'était, je n'ai pas osé.
BARANTIN.
Alors, elle ne se doute de rien ?
CAJIILLE.
Oh ! elle a deviné !
BARANTIN.
C'est de l'amour platonique.
CAMILLE
C'est mon amour à moi.
BARANT IN
Prends «arJe!
A qui'