‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 40 sur 338 · MADAME AU BU AV · texte numérisé non relu

MADAME AU BU AV

Moi.

JEAN NI NE

Je n'accepterai plus rien, madame, et je travaillerai.

Il VOUS faudra du courage.

Ce ne sera qu'une habitude à reprendre.

MADAME AUBRAY

A ces conditions, vous pourrez compter sur rnoi en toutes circonstances.

Vous me permettrez de vous voir?

MADAME AUBRAY

Quand vous voudrez. Du moment que vous serez vaillante, laborieuse et sévère pour vous-même, ma maison vous sera ouverte, à vous et à votre enfant.

JEANNÎNE.

Que dira le monde, en me voyant chez vous?

MADA ME AUBRAY.

Ce qu'on appelle le monde, je ne le connais pas. Sa doctrine n'est pas toujours la mienne; ma conscience est ma règle unique, et ma conscience me dit de faire ce que je fais. Quant aux gens que vous rencontrerez habituellement chez moi, ce sont tous gens sérieux, honnêtes et bons; tous ont eu plus ou moins à lutter avec la vie, et tous vous tondront la main, quand ils connaîtront votre secret.

JEANNINE

Est-il indispensable de le leur dire tout de suite?

Gomme il vous plaira.

JE AN NI NE

Faites ce que vous croirez devoir faire, madame.

MADAME AUBRAY

Courage, patience et volonté, avec cela tout est possible. Je vais m'occuper de vous dès aujourd'hui.

JEANNINE

Oli! madame, que vous devez être heureuse d'avoir le droit d'être aussi indulgente et de l'être aussi simplement!

MADAME AUBRAY

Ma chère enfant, quand on n'a jamais connu ni la misère ni les tentations, quand on a eu le bonheur d'avoir une bonne famille et de ne recevoir que de bons exemples, il faut être indulgent à ceux qui ont succombé dans la lutte que l'on n'a pas connue. On ne sait pas ce qu'on aurait fait à leur place. Le jour oi^i vous serez ce que je suis, vous serez plus que moi.

LE DOMESTIQUE, entrant.

M. Tellier. (Mouvement de Jennnine que madame Aubray ne voit pas.)

MADAME AUBRAY

Faites entrer. (Teiiier entre.) Comment! vous êtes ici, cher monsieur?

TELLIER

Oui, madame, depuis hier, et, quand j'ai su... (n aperrou

Jeannine et s'arrête étonné, — Il la salue sans avoir l'air de la connaître ; elle fait de même pour lui.)

Adieu, madame,

MADAME AUBRAY

A bientôt, vous voulez dire.

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