‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 52 sur 338 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, TELLIER.

JEANMNE, à Gaston, voyant Tellier.

Va jouer (II va jouer dans un coin du salon.) TELLIER.

C'est ici que vous recevez maintenant ?

JEANNINE

On aurait pu vous voir entrer chez moi en plein jour.

TELLIER

Et vous craignez d'être compromise ?

Ou de vous compromettre. Ne m'avez-vous pas dit vingt fois, et hier encore, qu'il ne fallait pas que j'eusse l'air d'être connue de vous ?

TELLIER

Je ne savais pas, alors, que vous fussiez l'amie des personnes auxquelles je faisais allusion en parlant ainsi. Recevez mes compliments, ma chère : vous avez de belles connaissances. Comment diable vous y êtes-vous prise pour vous introduire dans l'intimité d'une personne comme madame Aubray, qui ne tient pas sa porte ouverte au premier venu et qui la ferme même assez violemment au nez des gens les plus charitables? C'est malin, ce que vous avez fait là !

JEANNINE

Le hasard nous a mises en rapport, cette dame et moi ; elle s'est intéressée à moi; j'ai commencé par lui dire que j'étais veuve; puis il m'a répugné de lui mentir, et, comme elle insistait pour continuer nos relations, je lui ai avoué la vérité. A ma grande surprise et à ma grande joie, elle m'a tendu la main, et m'a promis, à de certaines conditions que j'ai acceptées, sa pro-

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