M A DAME A U B R A Y
Je refuse.
CAMILLE, étonné.
Aujourd'hui, mais plus tard?
Plus tard comme aujourd'hui.
CAM ILLE
Pourquoi ?
MADAME ALBRAY.
Demande à Barantin si c'est possible.
BARANTIN.
Ta mère a raison, mon ami, tu ne peux pas épouser cette femme.
CAMILLE
Cette femme ! Qa'a-t-clle donc fait?
MADAME AUBRAY
C'est celle dont je parlais il y a deux heures à M. Valmoreau, pendant que tu étais là.
CAMILLE
Cette jeune fille qui a commis une faute?
MADAME AUBRAY
C'est elle.
CAMILLE, après une violente secousse.
Tu trouvais très-bien qu'un autre l'épousât.
MADAME AUBRAY
Cet autre n'est pas toi.
BARANTIN, à part.
Allons donc! nous y voilà!
MADAME AUBRAY
Et tu as vu combien ce jeune homme se révoltait à cette proposition?
CAMILLE
Et tu as vu, ma mère, que je la trouvais toute simple, moi qui ai été élevé dans d'autres idées que lui ; et, quand il m'a demandé si je ferais, moi, ce que tu lui conseillais de faire, ce que j'ai répondu. Et toi même...
BARANTIN, à part.
Sortez de là, maintenant.
Quels sont les ordres de ma mère? car, si mes sentiments ne dépendent que de moi seul, mes actes, en cette matière, dépendent de toi.
MADAME AUBRAY
Je n'ai pas d'ordres à te donner, mais des conseils seulement.
CAMILLE
Des conseils, des exemples, des principes, il y a vingt ans que