ACTE QUATRIÈME
tu m'en donnes; ce que je suis, ce que je suis fier d'être, c'est toi qu. as fait. Je n'ai plus à discuter ce que lu m'as appris je n a, plus qu à le démentir ou à le prouver. Laisse-moi seulement l adresser une question.
MADAME AUBRAV.
Parle.
CAMILLE
Cette faute, qui t'en a fait la confidence?
La coupable elle-même.
CAMILLE
Sachant que tu étais ma mère?
Sachant que j'étais ta mère.
Et rien ne l'y forçait?
-MADAME AUBRAV.
Rien.
CAMILLE
C'est la seule faute qu'elle ait commise?
MADAME ALBRAY.
Elle me l'a dit, du moins.
CAMILLE
La crois-tu?
MADAME ALBRAY.
Je la crois.
CAMILLE
Cette faute avait pour excuse?...
MADAME ACBRAY.
La pauvreté,... la solitude, l'ignorance.
CAMILLE
Tu connais cet homme ?
MADAME AUBRAY
Non.
CAMILLE
C'est un misérable!
MADAME AU BRAY
C'est un oisif.
CAMILLE
Et cependant, depuis cet aveu, tu consentais à recevoir cette femme. Tu l'absolvais donc. Tu l'estimais donc. Quand elle t'a appris qu'elle aimait quelqu'un, lui as-tu conseillé de renoncera cet amour? Lui as-tu dit que le cœur de l'homme doit être impitoyable, que le repentir est vrai peut-être, mais que le pardon ne l'est pas? Lui as-tu dit de désespérer, de douter de tout enfin? Non, n'est-ce pas? Tu ne serais pas celle que tu es si tu disais de pareilles choses aux malheureux et aux repentants. Alors, lu l'as donc trompée en l'encourageant à aimer encore, et voilà pourquoi elle pleurait tout à l'heure, car elle avait compris que tu l'avais trompée ou plutôt que tu t'étais trompée toi-même, et voilà pourquoi, moi, je pleure à mon tour.
MADAME AUBRAY
Comme il l'aime!
CAMILLE, essuyant ses yeux.
Eh bien," ma mère, pour la dernière fois, je te demande ton consentement. J'aime cette femme et je suis prêt à être son époux.
MADAME AUBRAY
Tu me demandes une chose impossible. J'en appelle à toutes les mères !
CAMILLE
Ainsi, j'ai donné le conseil, et je ne donnerai pas l'exemple.
C'est bien, (n va pour sortir.)
MADAME AUBRAY
OÙ viis-lu?
Je vais travailler. Que veux-tu que je fasse?