‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 91 sur 338 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

OCTAVE

Les offres seraient plus nombreuses que les demandes, et vous auriez la baisse.

PIERRE

Qui sait? Il y a tant de gens qui en ont besoin; et ceux qui ont le moyen pourraient en acheter.

LIONEL

Je préfère Thistoire aux théories. Que fît la demoiselle?

OCTAVE

Est-ce que cela se demande? Elle accepta.

PIERRE

Elle refusa.

EICHARD

Elle ne daigna pas même répondre, et partit avant moi.

LIONEL

Elle était fière au moins, celle-là.

Certes!

PIERRE

Et désintéressée.

RICHARD

Peut-être. Tout ou rien.

PIERRE

Qu'est-elle devenue?

RICHARD, pensif.

Je n'en sais rien.

LIONEL

Trompée par l'un, elle en aura trompé un autre, qui en trompera d'autres. Ainsi va le monde.

OCTAVE

Elle aura fait son chemin. Un beau matin, nous la retrouverons au bal de l'Opéra, et M. le duc nous fera souper avec. Je connais les femmes.

PIERRE

Les filles.

RICHARD, sortant de sa rêverie.

Tout beau, messieurs! Ne touchez pas à la reine. Ne parlez pas légèrement de cette femme. Elle est de celles qui tombent, mais ne descendent pas. Je gagerais qu'à cette heure elle est morte, religieuse ou mariée.

OCTAVE

Voilà un mari prédestiné ! , .. d'avance!

Eh! qu'importe, cher monsieur, de Tétre avant ou après, pourvu qu'on le soit.

OCTAVE

Ce n'est pas nécessaire.

RICHARD

Mais c'est inévitable.

OCTAVE

Vous croyez ?

RICHARD, sahiant.

Sauf d'heureuses exceptions.

OCTAVE

Oh ! pour mon compte, je suisbien tranquille : j'ai eu soin d'épouser une femme sans cœur.

RICHARD

Mais, si vous disiez vrai, madame Landurel ne pourrait vous aimer.

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