SCÈNE II Les Mêmes, PIERRE, BLANCHE, LIONEL
PIERRE, bas ù Blanche qui lui donne le bras.
Comment trouvez-vous mon ami?
ELANCHE, ù demi-voix.
Bien.
PIERRE
Il vous plaît?
BLANCHE
Il ne me déplaît pas. (Quittant le bras de Pierre et s'approchant de Pauline.) Ah! c'est ainsi que tu remplis tes devoirs de maman, toi? m'abandonner au milieu de cet immense bal! Heureusement, j'avais pour me protéger mes deux chevaliers.
LIONEL
Dites vos humbles et dévoués serviteurs, mademoiselle.
SIDONIE, bas à Lionel.
Je vous trouve empressé.
LIONEL, bas à Sidonie.
Me voudriez-vous impoli?
BLANCHE, à Pauline.
Comme te voilà encapuchonnée!... Je ne te connaissais pas cette mantille. Du point de Bruxelles ! C'est très-joli !
Vous faites attention, mademoiselle, aux choses de toilette ?
BLANCHE
Cela vous étonne, monsieur? Mais je ne serais pas femme si je n'aimais pas les chiffons.
PIERRE
Puisque cette mantille vous plaît, mademoiselle, permettez-moi de vous l'offrir.
BLANCHE
J'accepte volontiers, à charge de revanche. Nous savons broder à Nancy! Mais, puisque la mantille m'appartient, je veux m'en faire honneur tout de suite. (A Pauhne.) Rends-la moi.
PAULINE
Plus tard, si tu le veux bien. J'en ai besoin maintenant, j'ai froid.
BLANCHE
En effet, tu es pâle. Qu'as-tu donc?
PAULINE
Depuis mon arrivée à Paris, je suis souffrante, et la chaleur m'a tout à fait indisposée.
BLANCHE
Partons. Je donnerais tous les bals du monde, même celui de Madame, et c'est tout dire, pour t'épargner un moment de fatigue.
UN DOMESTIQUE
La voiture de madame la comtesse d'Apremont est avancée.
PAULINE
Tu vois que j'avais compté sur ton bon vouloir.
BLANCHE
Tu as bien fait. (A Sidonie.) Adieu, Madame, et merci pour tout.