‹ Les idées de Rabelais & de Montaigne sur l'éducationChapitre 128 sur 307 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Il est Iresplaisant de veoir Socrates, à sa mode *, se mocquant de Hippias-, qui lui recite comment il a gaigné, spécialement en Certaines petites villettes de la Sicile, bonne somme d'argent à regenler^; et qu'à Sparte, il n a gaigné pas un sol: que ce sont gents idiots, qui ne seavent nv mesurer ny compter, ne l'ont estât uy de grammaire, ny de rliylhme, s'ainusants seulement à sçavoir la suitte des roys, eslahlissenients et décadences des estais, et tels fatras de contes; et au bout de cela, Socrates, luy faisant advouer par le menu l'excellence de leur forme de gouvernement public, riieur et vertu de leur vie privée, luy laisse deviner la conclusion do, l'inutililé de ses arts.

Les exemples nous apprennent, et eu celte martiale police et en toutes ses semblables, que l'estudo des sciences amollit et elTemine les courages plus qu'il ne les fermil* et aguerrit. Le plus fort estât qui paroisse pour le présent an monde est ccluy des Turcs, peuples également duicts"^ à l'estimation des armes et mespris des lellres. Je IreuveRomeplus vaillante avant qu'elle feust sçavante. Les plus belliqueuses nations, en nos jours, sont les plus grossières et ignorantes : les Scythes, les Partlies, Tamburlan^, nous servent à cette preuve. Quand les Gots ravagèrent la Grèce, ce qui sauva toutes les librairies d'estre passées au feu, ce feutun d'entre eulx qui sema cette opinion, qu'il falloit laisser ce meuble"^ entier aux ennemis, propre aies destourner de l'exercice militaire, et amuser à des occupations sédentaires et oysifves. Quand nostre roy Charles huictiesme, quasi sans tirer l'espee du fourreau, se veit maistre du royaume de Naples et d'une bonne partie de la Toscane, les seigneurs de sa suitte attribuèrent cette inespérée facilité de conqueste à ce que les princes et la noi)lesse d'Italie s'amusoient plus à se rendre ingénieux et s»;avants, que vigoureux et guerriers^.

mières lignes de ce traité, l'historien nous dit que cette forme de goiivernement « favorise plus les méclianls que les bons >•. U ne dissimule pas d'ailleurs sa préférence pour l'oligarchie, son dédain pour la démocratie, et c'est cette opinion préconçue qui dicte fous ses jugements sur l'un et l'autre peuple.

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