Pantagruel, liv. III, ch. xvxvii
?. Pantagruel liv IV, ch. vi et suivanU.
La sottise des moutons de Panurge a passé en proverbe. /- C'est là du bon esprit et du meilleur. Si le pantagruélisme ( n'était que ce franc rire et, comme dit Rabelais, « certaine \ gaieté d'esprit confite en mespris des choses fortuites, » nous nous mettrions volontiers à ce régime; Rabelais I prétendait guérir ses malades par son pantagruélisme. ^ Comme prèlre, on lui avait interdit d'exercer la médecine par le fer et le feu; il les remplaça dans son formulaire par le rire, qui est hygiénique. Le rire est plus philosophique que la tristesse. — L'école des mélancohques n'a pu s'accUmater dans notre plaisant et gai pays de France ; c'est une des raisons pour lesquelles un des grands poètes de ce siècle, y'^Lamartine, n'a guère fait école. La tristesse et les larmes sont personnelles, je dirais presque égoïstes; le rire est contai gieux, et Rabelais avait raison en un sens de le compter ; parmi les remèdes applicables à l'incurable misère de l'humanité. Seulement le rire doit avoir aussi sa pudeur, sous peine d'être parfois une fatigue ou une insulte et non une consolation.
Au dix-septième siècle, Antoine Le Roy, un des fanatiques de notre auteur, s'est chargé de prouver que le curé de Meudon fut un bon -curé et un bon ecclésiastique * .J'ai peur, en vérité, que Le Roy ait entrepris une tâche un peu difficile. Rabelais en mourant (1553) a-t-il prononcé le mot qu'on lui a prêté : « Je vais quérir un grand peut-être; » ce que nous savons, c'esl que, si les derniers' chapitres du Pantagruel sont consacrés à la dive bouteille, le dernier donne aux métaphysiciens cette magnifique définition de Dieu que Montaigne et Pascal lui ont empruntée : u Allez, amys, en protection de cette sphère intellectuehe, de laquelle en tous lieux est le centre, et n'a en heu aulcun circonférence, que nous appelons Dieu *. »
A côté des bouffonneries de celui que Pasquier appelle (( mi merveilleux ouvrier de facéties, » nous avons vu
1. Collelet atteste « qa'il déferait merveilleusemeiU aux saintes constitutions de l'Eglise catholique et orthodoxe, et la reconnut toujours pour sa
véritable mère. '> (Manuscrit brûlé de l'ancienne bibliothèque du Louvre.)