Rhythme et rime sont confondus
Ce qui tient à la versification n'influe pas sur la valeur de la pensée en ellemême.
5. C'est-à-dire faire longue une syllabe brùve ; une faute de quantité ne lui « chault. »
6. Pour cela, non force, il n'y a pas néccssilé, il n'importe; locution usitée en ce sens au seizième siècle.
7. Toute cette théorie a souvent été discutée. en réalité c'est un vain débat. Montaigne, comme Fénelon, au dix- E ptième siècle, a tort de faire si bon marché de ces mérites. 11 n'y a point de poète sans bon versificateur ; on ne peut séparer le corps du vêtement
parce qu'ils ne font qu'un. Un poète contemporain, M. Th. de Banville, va jusqu'à faire de la rime l'àme môme du vers (V. Petit Traité de poésie française). Fénelon qui insiste tant sur le3 difficultés de la versification française, qui y voit plus d'inconvénients' que d'avantages, n'est pas loin de regarder le Télemaquo comme une véritable épopée en prose. « Il ne reste, dirait Montaigne, qu'à y ajouter les vers ! »
8. Odorat subtil, mais vers négligés (Horace, Sat., I, iv, 8).
9. Supprimez le rythme et la mesure, changez l'ordre des mots, mettez les derniers les premiers, vous retrouverez encore les membres dispersés du poète (Horace, Sat., I, iv, 5S).
10. Plutarque, Si les Athéniens ont été plus excellents dans les armes que dans les lettres, chap. iv.
1 1 . Ronsard est le chef de la fameuse Pléiade qui a tenté, au seizième siècle,
donné crédit à nostre poésie Irançoise, je ne veois si petit apprenti qui n'enfle des mots, qui ne renge les cadences à peu prez comme eux : Plus sonat quam valet '. Pour le vulgaire, il ne feut jamais tant de poètes: mais, comme il leur a esté bien aysé de représenter leurs rliythmes, ils demeurent bien aussi court à imiter les riches descriptions de l'un, et les délicates inventions de l'aultre-.
Voire mais, que fera il' si on le presse de la subtilité sophistique de quelque syllogisme?» Le jambon faict boire; le boire désaltère : parquoy le jambon désaltère. » Qu'il s'en mocque: il est plus subtil de s'en mocquer que d'y respondre. Qu'il emprunte d'Aristippus * cette plaisante contrelinesse : « Pourquoy le deslieray je, puisque tout lié il m'empesche^? » Quelqu'un proposoit contre Cleanthes'' des finesses dialectiques; à qui Chrysippus dict, « Joue toi de ces baltelages avecques les enfants; et ne destourne à cela les pensées sérieuses d'un homme d'aage''. Si ces sottes arguties, contorta et aculeata sophîsrnata^, luy doibvent persuader un mensonge, cela est dangereux ; mais si elles demeurent sans effect, et ne l'esmeuvent qu'à rire, je ne veois pas pourquoy il s'en doibve donner garde. Il en est de si sots, qu'ils se destournent de leur voye un quart de lieue, pour courir aprez un beau mot : mit qui non verba rébus aptant, sed res extrinsecus arcessunt, quibus verba conveniant''' : et l'aultre qui alicujus verbi décore placentis, vocentur ad id, quod non proposuerant scnôere*". Je tors bien plus volontiers une bonne sentence, pour la coudre sur moy, que je ne destors '* mon fil pour l'aller quérir. Au rebours, c'est aux
de venouvelei' le.-> sources et l'inspu-ation de la poésie française, surtout do la poésie lyrique et du Bellay a lancé le manifeste de la nouvelle école :
Dejfenve et illustration de la langue francoijse {iôid) .