‹ Les idées de Rabelais & de Montaigne sur l'éducationChapitre 180 sur 307 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

feray'. » Au fort de l'éloquence de Cicero, plusieurs en entroient en admiration ; mais Caton n'en faisant que rire : « Nous avons, disoit-il, un plaisant consul^. » Aille devant ou aprez', une utile sentence, un beau traict est tousjours de saison : s'il n'est pas bien pour ce qui va devant, ny pour ce qui vient aprez, il est bien en soy. Je ne suis pas de ceulx qui pensent la bonne rhythme * fuii'e le bon poëme : laissez luy allonger une courte syllabe^, s'il veult ; pour cela, non force®: si les inventions y rient, si l'esprit et le jugement y ont bien faict leur office, voylà un bon poëte, dirai je, mais un mauvais versificateur'',

EmuncUe naris, durus componere versus 8.

Qu'on face, dict Horace, perdre à son ouvrage toutes ses cous-> tures et mesures,

Tempora certa modosque, et, qnod prias oïdine verbum est, Posterius facias, prfpponens iiltima primis... laveniasetiam disjecti meinbra poetaB^:

il ne se démentira jjoiiit pour cela-, les pièces mesmes en seront belles. C'est ce que respondit Menander, comme on le tansast, approchant le jour auquel il avoit promis une comédie, de quoy il n'y avoit encores mis les mains : « Elle est composée et preste ; il ne reste qu'à y adjouster les vers^" : » ayant les choses et la matière disposée en l'ame, il mettoit en peu de compte le demeurant. Depuis que Ronsard et du Bellay '^ ont

1. Plutarque , Instruction pour ceux qui manient les affaires de l'État, cliap. IV.

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