En, sur
3. Voir sur le père de Montaigne, ce qu'il en dit lui-même dans les Essais, I, xxxiv; II, ii, xii ; UI, ix. xui (Voir nos Extraits de Montaigne, 1 vol., Belin, 1SS3).
4. S.-ent, à apprendre. C'est toujours l'objection faite à l'étude des langues mortes. Ce que l'on cherche encore, c'est, comme dit Montaigne : « La façon d'en avoir meilleur marché, « en les sachant le mieux possible.
5. Si les Romains joignaient communément l'étude du grec à celle du
lalin, il faut remarquer que les Grecs n'apprenaient que leur langue, étude « qui ne leur coustoit rien. »
6. On peut comparer ce mode d'enseignement avec celui qui fut appliqué à Agrippa d'Aubigné : « Dès quatre ^ . ,,, ^ ans accomplis, le père lui mena de {/^^ Paris un précepteur Jean Cottin, homme astorge (dur) et impiteux (sans pitié), qui luy enseigna les lettres latine, grecque et hébraïque à la fois, ceste méthode, suivie par Peregin, son second précepteur, si bien qu'il lisoit aux quatre langues à dis ans. » (Agrippa d'Aubigné, sa vie à ses enfants.) Voir notre Etude historique et littéraire sur Agrippa d'Aubigné. Paris, Belin, 1SS3.
18i ESSAIS DE MONTAIGNE.
attachez à mon service. Somme, nous nous latinizasmes* tant, qu'il en regorgea jusques à nos villages tout autour, où il y a encores, et ont prins pied par l'usage plusieurs appellations latines d'artisans et d'utils^. Quant à moy, j'avoy plus de six ans, avant que j'entendisse non plus defrançois ou de perigordin que d'arabesque'; et, sans art, sans livre, sans grammaire ou précepte, sans fouet, et sans larrnes, j'avois apprins du latin tout aussi pur que mon maistre d'escbole le sçavoit : car je ne le pouvois avoir meslé ny altéré. Si par essay on me vouloit donner un thème, à la mode des collèges ; on le donne aux aultres en françois, mais à moy il me le falloit donner en mauvais latin, pour le tourner en bon. Et Nicolas Orouchy *, qui a escript de ComitUs Romanorum^ ; Guillaume Guerente*, qui a commenté Aristote-, George Buchanan^ ce grand poëto escossois ; Marc Antoine Muret ^, que la France et l'Italici recognoist pour le meilleur orateur du temps, mes précepteurs domestiques, m'ont dict souvent que j'avois ce langage en mon enfance si prest et si h main, qu'ils craignoient à m'accoster'. Bucbanan, que je veis depuis à la suitte de feu monsieur le mareschal de Brissac*", me dict qu'il estoit aprcz à escrire de l'institution des enfants, et qu'il prenoit l'exemplaire'^ de la mienne; car il avoit lors en charge'* ce comte de Brissac que nous avons veu depuis si valeureux et si brave.