CHAPITRE VllI
iluquol on dobvoil ovilor la noissanco. Un pore est bien miscrable, qui ne tient l'affeclion de ses enfants que par le besoing qu'ils ont de son secours, si cela se doibt nommer affection : il fault se rendre respectable par sa vertu et par sa suffisance', et aimable par sa bonté, et doulceur de ses mœurs ; les cendres mesmes d'une ricbe matière, elles ont leur prix; et les os et reliques des personnes dlionneur, nous avons accoustumé de les tenir en respect et révérence. Nulle vieillesse peult estre si caducque^ et si rauceMiun personnage qui a passé en lionneur son aage. qu'elle ne soit vénérable, et notamment ù ses enfants, desquels il fault avoir réglé l'ame à leur debvoir par raison, non par nécessité et par le besoing, ny par rudesse et par force ;
Et enat longe, mea quiJem sentcntia, Qui impeviiim creJat esse graviiu, aut stabilius. Vi quod fit. quaui illnd. qiiod amicitia adiungitur*.
J'accuse toute violence en l'éducation d'une âme tendre, qu'on dresse pour l'Iionneur et la liberté. Il y a je ne sçais quoy de servile en la rigueur et en la contraincte ; et tiens que ce qui ne se peult faire par la raison, et par prudence et addresse, ne se faict jamais par la force. On m'a ainsiu eslevé : ils disent qu'en tout mon premier aage, je n'ay taslé des verges qu'à deux coups, et bien mollement. J'ay deu la pareille aux enfants que i';iy eu : ils me meurent touts en nourrice; mais Leouor, une
ule lille qui est escbappee à cette infortune^, a attainct six iiiis et plus, sans qu'on ayt employé à sa conduicte, et pour le cbastiement de ses faultes puériles (l'indulgence de sa mère s'y appliquant aysecment^, aultre chose que paroles, et bien doulces : et quand mon désir y seroit frustré, il est assez d'aultres causes auxquelles nous prendre, sans entrer on reproche avecques ma discipline^, que je sçais estre juste et naturelle. J'eusse esté beaucoup plus religieux" encores on cela envers des masles,! moins nayz à servir, et de condition plus libre : j'eusse aymé à'